Les victimes de Charm el-Cheikh en appellent à Chirac

le 02 janvier 2006 à 18h20 , mis à jour le 02 janvier 2006 à 21h54

Il y a deux ans, le 3 janvier 2004, le crash du Boeing de la Flash Airlines faisait 148 morts, dont 135 Français. Le président de l'association de défense des familles de victimes pointe aujourd'hui le manque d'implication de Jacques Chirac dans l'enquête.

recherches charm bis © INTERNE

Le président de l'association de défense des familles de victimes de la catastrophe aérienne de Charm el-Cheikh (ADFVC), Marc Chernet, a regretté lundi le manque d'implication du président Jacques Chirac dans l'enquête sur les causes du crash, à la veille du 2e anniversaire de la catastrophe. "On n'a jamais pris l'exacte mesure de cette catastrophe. Le président de la République ne s'y est pas du tout intéressé ni impliqué", a déclaré Marc Chernet lors d'une conférence de presse aux côtés de plusieurs avocats des familles des victimes du crash du Boeing 737 de la compagnie charter égyptienne Flash Airlines. L'appareil s'était écrasé le 3 janvier 2004 faisant 148 victimes, dont 135 françaises.

"Nous ne sommes pas souverains en Egypte et comme le président n'a pas tapé sur la table suffisamment pour exercer cette souveraineté, puisque nous avons un contrat d'entraide, eh bien, nous en sommes là", a-t-il regretté. Pour lui, "le problème n'a pas été vu par les pouvoirs publics de la même façon que celui du Venezuela", le crash d'un appareil de la West Caribbean le 16 août dernier, qui a fait 160 morts, dont 152 touristes français, en majorité Antillais. Il a estimé que les forts intérêts économiques entre la France et l'Egypte sont "forcément une composante du problème". "Entretemps, c'est vrai qu'Egypt Air a acheté des Airbus et qu'Aéroports de Paris a signé six contrats de gestion d'aéroports en Egypte", a-t-il relevé.

"Aucun élément sérieux" en faveur de la thèse de l'attentat

Comme les avocats, Marc Chernet attend avec impatience la publication du rapport de la commission d'enquête égyptienne qui devrait permettre la communication au juge français de divers éléments, notamment des boîtes noires. Me Michel Pitron a exprimé sa "déception" car deux ans après le drame, "nous ignorons les causes réelles de l'accident et la justice française l'ignore aussi". Lui et ses confrères, Mes Gérard Montigny, Arnaud Claude et Jean-Pierre Bellecave, ont mis en cause "le manque de coopération entre la France et l'Egypte". Mais "notre détermination est renforcée", a-t-il ajouté. "Nous sommes déçus pour aujourd'hui mais confiants pour demain".

Côté procédures, une des prochaines étapes judiciaires se déroulera le 27 mai devant le Tribunal de grande instance de Bobigny qui devra dire si le juge français est compétent pour juger l'affaire alors que le constructeur, le propriétaire IFLC (International lease finance corporation) et deux fournisseurs de pièces, Honeywell international et Parker Hannafin, sont américains. Fin décembre, un autre collectif de familles, défendu par Me Gilbert Collard, a demandé d'explorer la piste de l'attentat. Une thèse que n'a pas repris Marc Chernet, en se refusant toutefois à l'exclure totalement. "On est à peu près certain que ce n'est pas un attentat à l'explosif qui se serait produit en vol puisque la dispersion des débris aurait été infiniment plus importante. Mais on ne peut pas exclure un sabotage des gouvernes de vol par exemple, c'est tout à fait plausible", a-t-il dit. Me Montigny a été plus catégorique: "il semble qu'aucun élément sérieux aujourd'hui réuni ne permette d'accréditer l'hypothèse d'un attentat".

Photo d'ouverture : les recherches entreprises après la chute de l'appareil en pleine mer - archives

le 02 janvier 2006 à 18:20
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