© lciLe Premier ministre a affirmé jeudi au cours de sa conférence de presse mensuelle avoir promis au président de la République qu'au bout de deux ans, il aurait "fait sauter les verrous et les blocages qui paralysent la société française". Il a déclaré qu'il fallait "rompre avec un sentiment de fatalité" en France, "refuser la résignation", s'affirmant convaincu que "les Français sont prêts". Voici les principaux sujets abordés par Dominique de Villepin.
L'emploi des jeunes : "Nous changeons la donne". Le Premier ministre a réaffirmé sa "sérénité" et sa "détermination" à défendre son plan pour l'emploi des jeunes. "Même avec une croissance forte, lorsque le chômage est descendu à 8,6%, le chômage des jeunes est resté autour de 18%. Par conséquent, soit nous agissons, soit rien ne changera: il n'y aura pas de baisse significative mécanique du chômage des jeunes", a déclaré le Premier ministre. "Nous changeons la donne, nous voulons nous doter d'outils et de mesures spécifiques pour répondre aux problèmes des jeunes", a-t-il assuré.
Les "contre-vérités" sur le CPE. Dominique de Villepin a expliqué vouloir dénoncer des "contre-vérités" sur le Contrat Première embauche qui a suscité le tollé dans le rang de l'opposition et de nombreuses associations et syndicats. Selon lui, il est "faux" de "dire qu'un jeune pourra être licencié à tout moment et sans préavis, du jour au lendemain". "J'entends dire également que le jeune sera moins payé que dans un CDI classique: c'est faux", a-t-il ajouté. "J'entends même dire parfois que le CDD serait plus avantageux et que par conséquent il vaudrait mieux ne rien changer : est-il nécessaire de dire combien c'est faux ?", a-t-il affirmé.
Contrat de travail unique : Villepin attend l'avis des experts. "Je veux être précis et éviter tout malentendu: nous avons besoin de concertation sur ce sujet complexe", a-t-il dit, affirmant attendre "aussi de connaître plus précisément les résultats de ces différents outils". Il a précisé avoir demandé au ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, de "mettre en place les conditions de la concertation avec les partenaires sociaux pour l'évaluation du CNE", le contrat nouvelle embauche. "En tout état de cause, je veillerai à ce que nous trouvions le juste équilibre entre la protection des salariés et le dynamisme de notre économie : l'objectif, c'est bien de créer plus d'emplois en refusant la précarité, de créer plus d'emploi avec plus de sécurité dans le parcours professionnel", a expliqué le Premier ministre.
TVA : "impératif" de parvenir à la prorogation. Le Premier ministre a jugé qu'il était "impératif de parvenir à la prorogation" du taux réduit de TVA dans le bâtiment. "C'est indispensable pour l'emploi, comme pour la croissance de ce secteur", a-t-il déclaré. Les ministres de l'Economie des 25 ne sont pas parvenus à un accord mardi à Bruxelles sur la prorogation de ce taux réduit de TVA. Il évoquera jeudi le dossier avec le Premier ministre de Pologne, l'un des trois pays qui bloquent le compromis européen sur les taux de TVA, ainsi qu'avec le chancelier autrichien Schussel, qui assure la présidence tournante de l'UE, et que M. de Villepin doit rencontrer jeudi soir à Salzbourg. "Quoi qu'il arrive, nous trouverons une solution". Sur la restauration, il a affirmé que le dossier "n'était pas clos" pour autant, et que la question de la TVA réduite devrait être "à nouveau débattue dans le cadre de l'harmonisation de la fiscalité européenne". Les ministres du Commerce Renaud Dutreil et du Tourisme Léon Bertrand ont été chargés "d'engager un dialogue approfondi avec la profession pour accompagner sa modernisation".
Dette : "pas d'engagement pour les calendes greques". Le Premier ministre a assuré qu'il prendrait "un engagement chiffré en juin". L'importance de la dette publique de la France est "une incitation encore plus grande d'agir", a-t-il expliqué. Mais "ça commence par se mettre autour d'une table: l'Etat, les collectivités locales, la sécurité sociale, les partenaires sociaux, parce que, tous, nous avons des responsabilités dans l'évolution de la dépense publique". "A partir de là, nous décidons ensemble, nous définissons des règles communes", a précisé le Premier ministre, poursuivant: "cet engagement, je ne le prends pas pour les calendes grecques, je le prends pour moi-même, pour ce gouvernement, dès cette année".
Droits d'auteur : le texte attendu en mars. Le texte sur les droits d'auteur sur internet doit être présenté au parlement "à partir du mois de mars", a indiqué jeudi le Premier ministre. Il reposera sur "quatre principes" : "valorisation de la création, et donc refus de la gratuité, refus de la licence globale, différenciation des infractions selon leur gravité et développement de l'interopérabilité". Evoquant "un sujet difficile", Dominique de Villepin a assuré que le gouvernement voulait "réconcilier la liberté des internautes et la liberté des créateurs afin de garantir l'avenir de la musique et du cinéma français".
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