Les vœux de Sarkozy font débat

le 12 janvier 2006 à 15h44 , mis à jour le 12 janvier 2006 à 21h51

Suite aux vœux à la presse de Nicolas Sarkozy, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le PS a critiqué le ton "péremptoire" de Sarkozy et estimé que ses vœux cachaient mal sa "fébrilité" tandis que Noël Mamère a vivement fustigé le projet de loi sur l'immigration du ministre.

sarko voeux

Parti socialiste : le porte-parole du PS, Julien Dray, a estimé que le ministre avait fait un pas supplémentaire vers une candidature à l'élection présidentielle de 2007 : "Nicolas Sarkozy a fait un pas supplémentaire vers sa candidature. Mais contrairement à ces derniers mois, le ton péremptoire, et qui se voulait magistral de sa longue intervention, cache mal sa fragilité et sa fébrilité politique".

Selon lui, le ministre de l'Intérieur "a été obligé, à mots couverts, de reconnaître qu'il s'est trompé, en l'occurrence, sur la crise des banlieues". Quant a ses propositions sociales, elles "sont tièdes et banales", montrant ainsi que "la qualité de ses arguments ne se mesure pas à la quantité de ses décibels et ne se résume pas à un jeu de séduction avec les journalistes". Enfin, avec ses propositions institutionnelles, "Nicolas Sarkozy a fait le choix d'une présidentialisation à l'extrême de la Ve République, là où l'évolution démocratique nécessiterait l'inverse".

L'ancien ministre de l'Education Jack Lang demande quant à lui au ministre l'Intérieur, des précisions sur les "permanences policières" qui devraient être installées dans certaines écoles : "Le ministre de l'Education nationale vient d'annoncer l'installation de permanences de policiers dans les établissements scolaires. L'école républicaine doit être un lieu de paix et de tranquillité. Ce crédo a toujours été le mien".

Delphine Batho, secrétaire nationale à la sécurité du PS : "Nicolas Sarkozy a montré qu'il était davantage préoccupé par lui-même et sa candidature que par la situation des Français. La vérité est que jamais la société française n'a été aussi violente" et Nicolas Sarkozy "devrait rendre compte des résultats sur lesquels il demandait à être jugé hier".

André Vallini,  secrétaire national du PS chargé des institutions : "Il y a beaucoup de socialistes qui ne sont pas loin de penser, comme Nicolas Sarkozy, qu'il faut prendre en compte le fait que le quinquennat a changé nos institutions. Et l'idée que le président de la République puisse venir s'expliquer directement devant le Parlement est une idée intéressante".

UMP : Hervé de Charette, député et secrétaire national de l'UMP chargé des relations internationales a apprécié "une véritable bouffée d'air frais" : "Pour tous ceux qui sont des Européens convaincus, (les propos de M. Sarkozy) donnent une raison très attendue d'espérer que notre pays sorte de l'impasse où l'échec du référendum l'a enfoncé".

UDF : Pour François Sauvadet, porte-parole de l'UDF à l'Assemblée nationale, il faut aller "bien au-delà" des propositions du ministre en matière de réforme des institutions. Il a plaidé sur LCI pour "un rééquilibrage profond desinstitutions" afin que le Parlement "ne soit plus une chambre d'enregistrement". "C'est la question de la responsabilité du Parlement qui est directement posée - sa constitution, la représentation et le rôle qu'il doit avoir dans le contrôle gouvernemental et à la fois dans le fait qu'il maîtrise son ordre du jour". Pour lui, l'intervention de Nicolas Sarkozy avait tout d'un "discours de candidat à la future élection présidentielle, ce qui va compliquer singulièrement la tâche de Dominique de Villepin dans les mois qui viennent".

Le Parti Communiste accuse le ministre de "chasser sur les terres de l'extrême droite" et de poursuivre sa "dérive sécuritaire" en stigmatisant les migrants et les jeunes."Nicolas Sarkozy, qu'il soit candidat, ministre, président de l'UMP ou du conseil général des Hauts-de-Seine, a confirmé sa position : à droite, extrêmement !"

Les Verts : le député Verts Noël Mamère a choisi de revenir sur le projet de loi évoqué par le ministre sur l'immigration : "En France aujourd'hui, la figure de l'étranger est devenue celle de l'indésirable". il y a des "consignes du ministre de l'Intérieur" pour parvenir à "l'expulsion de 25.000 personnes par an. Il s'agit d'une "politique d'abattage, d'une manière de casser les digues qui séparaient la droite respectable de la droite honteuse". "Les gens qui sont là ne sont pas des criminels ni des voyous".

le 12 janvier 2006 à 15:44
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Gérard, le 12/01/2006 à 19h00

    Pourquoi avoir boycotté et censuré les réactions du FRONT NATIONAL qui représente pas loin de 18% des électeurs ? Auriez vous peur d'entendre la vérité ?

  • John, le 12/01/2006 à 17h39

    Non content de ne proposer aucun programme politique, les verts se ridiculisent tout seul !! Ne parlons pas des communistes qui traitent le premier ministre d'appartenir à l'extrême droite !! au moins ils ont le meritent de faire comprendre que leur propre parti est une absurdité. Enfin ça me rassure de voir des socialiste si peut locaces et peut inventif, 2007 verra un président qui veut changer les choses.

  • Plutôt ma mère, le 12/01/2006 à 17h30

    Est-ce que quelqu'un pourrait se dévouer pour expliquer clairement et patiemment à Mr Mamère et au parti communiste la différence entre le racisme et le réalisme ?

  • Les socialistes, le 12/01/2006 à 17h26

    Il est amusant de constater que les réactions de certains socialistes révèlent des divergences de vue fondamentales au sein du PS; en effet Julien Dray et André Vallini disent exactement le contraire l'un de l'autre au sujet des institutions. Quelle différence entre un Nicolas Sarkozy qui a les idées claires et une vision pour la France et des socialistes englués dans un brouillard intellectuel consternant. Les socialistes trahissent ainsi leur absence de réflexion et d'idées et n'ont qu'une seule obcession: dire de mal de Sarkozy; malheureusement pour eux, ils se sont encore pris les pieds dans le tapis...

  • Polo, le 12/01/2006 à 17h24

    Les français veulent un politique avec qui ils peuvent s'identifier, qq'un qui a de la poigne qui sait ce qu'il veut et où il va. L'éléction présidentielle c'est la rencontre d'un homme avec le peuple ; ce que retiendra l'histoire sera surtout la personnalité du chef d'état et non ce qu'il a fait (voir Mitterand qui a amorcé la descente du pays et pourtant qu'on adule encore aujourd'hui). Finalement peu importe les résultats obtenus, ce que veulent les gens c'est un chef. Alors pour ou contre Sarko ? peu importe ce qu'il fait , mais ce qu'il représente ; et aujourd'hui c'est le seul et j'insisite sur "SEUL" a relever le défi, et personne ne reste indifférent à son ascention et c'est tant mieux. C'est la réalité de la politique à la française.

  • Durant, le 12/01/2006 à 17h24

    Je crois Mr Sarkozy ne vise que la présidence et il est prêt à tout pour y accéder. Il ne se soucie guerre des problèmes des français.S'il se souciat de la France il ne serait pas dans ce gouvernement qu'il contredit tout le temps. Il assumera le bilan de ce gouvernement quoi qu'il advienne car il est et a été dans ce gouvernement. Merci de me publier vive la démocratie

  • Nico, le 12/01/2006 à 17h24

    Vraiment bon qu'a critiquer... c lamentable. cela prouve bien une fois de plus l'inexisence de propositions dans les autres partis, notamment ps, qui se contentent de critiquer sans proposer.

  • Béa, le 12/01/2006 à 17h14

    N.Mamère ( avec beaucoup d'autre ) a encore perdu une occasion de se taire, je sais bien qu c'est son fond de commerce, mais il est vraiment gonflant !!

  • Michel, le 12/01/2006 à 17h12

    Je ne suis pas un fan de Nicolas SARKOZY mais, grâce à la TNT et à iTélé (merci à LCI d'être fair play et de me publier), j'ai pu écouter sa prestation, malheureusement mutilée par de nombreuses "pannes". Ce sont des idées intéressantes. Tout ne me convient pas, loin de là, mais les questions posées sont vraiment intéressantes et l'argumentation est cohérente, même si on ne la partage pas. Je suis d'autant plus consterné par la pauvreté des réactions dont beaucoup étaient probablement écrites en grande partie avant même qu'il ait parlé. Une exception notable: André Vallini, du PS, qui va probablement se faire sonner les cloches par ses "amis" politiques, mais qui vient de gagner mon estime, même si ça ne lui sert pas à grand chose.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience