Abidjan souhaite une extradition rapide

le 25 février 2006 à 16h20 , mis à jour le 25 février 2006 à 23h22

Le ministre ivoirien de la Justice a donné samedi soir à la télévision nationale de nouvelles assurances que son pays souhaite un retour rapide en France de Youssouf Fofana. Le chef présumé du gang des barbares, de nouveau entendu samedi, "n'a montré aucun remord" et a menacé les enquêteurs qui l'interrogeaient.

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La Côte d'Ivoire le réaffirme : elle souhaite un retour rapide en France du chef présumé du "gang des barbares", accusé d'avoir enlevé, torturé et tué Ilan Halimi. Le ministre ivoirien de la Justice, intervenant samedi soir à la télévision nationale, n'a pas dit autre chose. "Les autorités judiciaires ivoiriennes ont (...) engagé la procédure d'extradition de M. Fofana. Elle sera conduite jusqu'à son terme, dans des délais que le gouvernement souhaite les plus brefs possibles". Selon lui, Abidjan avait marqué sa préférence pour un arrêté d'expulsion "dans un souci d'efficacité et de célérité", mais c'est Paris qui a opté "pour la procédure judiciaire, l'extradition."

Pendant que se poursuivait la procédure, deux policiers français ont procédé samedi à une nouvelle audition de Youssouf Fofana, en garde-à-vue à la PJ depuis son interpellation mercredi soir par la police ivoirienne dans un quartier populaire d'Abidjan. Cette garde-à-vue a été prolongée de 48 heures par la PJ en attendant la comparution du suspect lundi devant un magistrat ivoirien, a indiqué une source française proche de l'enquête. L'audition de samedi matin "ne s'est pas bien passée", et M. Fofana y a "révélé sa vraie nature", selon cette source. "Il n'a eu aucun geste, pas une seule déclaration pour la famille de la victime : même Guy Georges (violeur et tueur en série français arrêté en 1998, ndlr) avait plus de remords que lui".

"Dénué de toute compassion"

Le chef présumé du "gang des barbares" a menacé les enquêteurs, affirmant leur avoir "mis un contrat sur la tête". "C'est lui l'instigateur" de l'enlèvement et du meurtre d'Ilan Halimi: "il faisait peur aux autres (membres de la bande), mais tous le mouillent", a souligné cette source proche de l'enquête. Fofana est "loin d'être un imbécile. Il avoue tout, sauf ce qui concerne la mort d'Ilan. Mais c'est précisément lui qui est parti le matin du meurtre avec la victime dans sa voiture..." Selon cette même source, il ne voulait s'attaquer qu'à des juifs, et à personne d'autre, sous prétexte "qu'ils avaient de l'argent".

Ilan Halimi, vendeur dans une boutique de téléphonie âgé de 23 ans, a été découvert agonisant le 13 février près d'une gare de la banlieue parisienne. Il portait des marques de tortures et de brûlures sur 80% du corps. Selon une source judiciaire, il serait mort après être parvenu à enlever le bandeau qu'il avait sur les yeux, lors d'une tentative de libération dans un bois. Il aurait vu ses ravisseurs, qui lui auraient alors porté des coups de couteau, l'auraient aspergé d'un liquide inflammable et y auraient mis le feu, selon la même source (lire : "Mort pour avoir vu ses ravisseurs ?".

Mesures de surveillance renforcée

A la PJ d'Abidjan, les mesures de surveillance ont été renforcées autour du suspect. Celui-ci a été également séparé de sa petite amie, une jeune fille qui figurait parmi les quatre personnes interpellées mercredi soir aux côtés de Youssouf Fofana. Tous les quatre, la jeune fille et trois hommes, avaient été remis en liberté par la police ivoirienne, qui tolérait depuis lors la présence de la petite amie auprès du suspect dans les locaux de la PJ. Il ne devrait pas y avoir de nouvelles auditions pendant le week-end, selon la même source française.

Photo d'ouverture : première image de Youssouf Fofana au siège de la PJ à Abidjan - DR

le 25 février 2006 à 16:20
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