© INTERNE" Quand j'étais jeune, je voulais être journaliste sportif ". Aujourd'hui, Alain Lambert ne commente pas les résultats de foot, son sport favori mais scrute plutôt avec inquiétude l'évolution de la dette française. Pourtant, il retrouve vite sa passion de la presse lorsqu'il se pose les questions d'un maquettiste : " je cherche actuellement à améliorer ma colonne de droite pour la rendre plus attractive. " Sa colonne de droite, entendez celle de son blog bien sûr. Ce sénateur UMP y consacre environ une heure par jour. " C'est comme inviter des amis à discuter chez moi " explique-t-il. J'exprime ma position sur un sujet et je suggère aux internautes de réagir. Cette interactivité me convient parfaitement. " Et si en janvier, son site a recueilli plus de 35 000 visites, c'est sans doute parce qu'Alain Lambert s'y dévoile sans langue de bois. Confirmation de l'intéressé : " ça ne sert à rien de parler comme sur un plateau télé, c'est une nouvelle forme de communication politique qui permet de sortir des jeux de rôles ". Et confirmation surtout en parcourant les messages laissés sur son blog : " de la part d'un gauchiste abstentionniste : plutôt sympa votre blog. Nettement mieux que la plupart des politiques, droite et gauche confondus (incroyable, voilà que je complimente un notaire et ex-ministre de droite, mais qu'est-ce qui m'arrive ?!). Hormis les articles à consonance libérale, il y a de la sincérité, de l'humour, et en plus ça a l'air intellectuellement accessible ! "
"Révolutionner la communication politique"
L'ancien ministre du Budget ne s'en cache pas : il est libéral et veut faire de la pédagogie pour mieux faire comprendre l'économie à ses compatriotes. Son cheval de bataille depuis quelques années ? La LOLF, un combat pourtant non partisan. Derrière ce nom barbare se cache en effet la loi relative à la loi de finances adoptée en 2000 grâce à un consensus politique exceptionnel. Pour construire cet outil de modernisation de la comptabilité publique, il a travaillé sans relâche avec un collègue socialiste, membre de la Commission des
| "Didier Migaud est devenu mon frère de LOLF" |
Dans la blogospère, champ naissant du débat public, les querelles de chapelles s'estompent, la volonté d'échange l'emporte. "Je n'ai eu qu'une remarque désagréable après le billet de Migaud, précise Alain Lambert; je l'ai publiée mais n'ai pas manqué de reprocher à ce partisan trop zélé son manque d'ouverture". Chez leurs collègues parlementaires, cette "cohabitation électronique" a été bien accueillie. De toutes façons, le blog d'Alain Lambert est devenu un lieu de passage. "Certains me remercient en reconnaissant m'avoir pillé sur tel ou tel sujet pour un discours" s'amuse le sénateur.
"Une exigence salutaire"
A-t-il convaincu son collègue Migaud de se lancer dans l'aventure ? "C'est une idée intéressante, estime le député de l'Isère, mais je n'ai pas assez de temps pour bien animer un tel site". Voler un peu de temps, voilà justement le plaisir d'Alain Lambert. Le blog comme discipline de vie. "S'obliger à écrire 3000 signes par jour, c'est une exigence salutaire, un moment de pause. L'unes des grandes inquiétudes de la modernité, c'est la fugacité de tout ce que l'on fait, explique-t-il avec conviction à son visiteur. Tout le monde est court-termiste, et dans tous les domaines : la politique attend les sondages, la télé l'audimat, et les marchés les cours de bourse. Or, la politique, c'est prévoir. Avec le blog, je me dote d'un instrument qui m'oblige chaque jour à me dire : au fond, qu'est-ce qui est le plus important ? Pour un gouvernant, se poser et réfléchir est essentiel".
Mais n'allez-pas confondre le blog d'Alain Lambert avec un site politique rébarbatif. " Depuis trop d'années, la politique est abstraite et les gens ne font pas le lien entre notre action et leur vie quotidienne ". Alors l'ancien ministre n'hésite pas à faire partager parfois ses petites misères de tous les jours. Ses soucis techniques à l'automne avec Noos qui ne réagissait pas à ses multiples appels ont suscité une flopée de réactions. " Sachez que vous pouvez régler votre problème tout en faisant quelque chose pour vos concitoyens " note Eliot dans son commentaire, furieux contre le fournisseur d'accès. Directement du producteur de loi au consommateur...Ce sénateur-blogueur a exhumé sur la toile un certain idéal de démocratie participative. Ses collègues prendront-ils le train en marche ?
Pour accéder au blog d'Alain Lambert, cliquez ici.
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