© INTERNELe 28 juillet 1999 au petit matin, deux hommes armés faisaient irruption dans un bureau de poste à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, et s'emparaient de 40.000 francs (6.000 euros). Dans leur fuite, l'un des deux hommes avait pris en otage un automobiliste, déclenchant une course-poursuite ponctuée d'une fusillade avec les policiers. Braquant ensuite un autre conducteur, il l'avait abandonné avec sa voiture à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Parmi ces deux hommes, jugés cette semaine, figure une figure du grand banditisme : Antonio Ferrara.
Jeudi, au quatrième jour du procès, le procureur Jean-Pierre Sabatier a requis contre lui une peine d'au moins 20 ans de réclusion criminelle. Il faut que ce dernier "soit traité avec fermeté (...) par une peine sécuritaire d'élimination derrière les murs", en faisant valoir qu'il n'y avait pas d'espoir de réinsertion, dans la mesure où l'accusé s'affirme innocent. "Si tout n'est pas éminemment clair dans ce dossier, il y a des éléments de culpabilité incontournables", a-t-il ajouté. Mardi, les agents de la Poste auditionnés ont été incapables de dire si Antonio Ferrara était l'un des deux braqueurs. En revanche, deux policiers ont assuré avoir reconnu "le roi de la belle", et son ADN a été identifié sur un casque retrouvé dans une voiture ayant servi pour la fuite. Selon l'accusation, Ferrara a également tenté de tuer quatre policiers dans sa fuite. Dix ans ont par ailleurs été requis à l'encontre de son co-accusé, Issa Traoré, 29 ans, accusé uniquement de vol avec armes et séquestration. L'accusé, au casier vierge, qui ne s'est pas présenté à l'audience, est jugé par défaut.
Fiché au grand banditisme depuis les années 90, soupçonné d'une quinzaine de braquages à main armée, Antonio Ferrara est surtout surnommé le " roi de la belle " en souvenir de sa spectaculaire évasion de la maison d'arrête de Fresnes, le 12 mars 2003. Il sera arrêté quelques mois plus tard, en juillet. Lundi dernier, s'est sous escorte du GIGN qu'il avait été amené au palais de justice pour suivre son procès. Dans la salle, plusieurs policiers revêtus de gilets pare-balle étaient présents.
Photo : portrait Antonio Ferrara (archives)
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