
Une jeune femme de 17 ans, qui aurait joué le rôle d'"appât" dans l'enlèvement d'Ilan Halimi, a été mise en examen mardi après-midi par un juge à Paris. La juge d'instruction Corinne Goetzmann a mise en examen cette jeune Française d'origine iranienne, ancienne petite amie de M. Fofana, pour "enlèvement, détention et séquestration sous conditions en bande organisée avec demande de rançon, actes de tortures ou de barbarie ou mort de la victime".
La jeune fille est également poursuivie pour "association de malfaiteurs" en vue de commettre ces crimes ainsi que celui de "meurtre avec préméditation en raison de l'appartenance ou la non appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion".
Elle appâte puis elle rentre chez elle
Selon une source judiciaire, elle a reconnu avoir abordé Ilan Halimi dans le magasin de téléphonie où il était employé, boulevard Voltaire à Paris, le 17 janvier, avant de lui donner rendez-vous le 20 janvier au soir vers la porte d'Orléans à Paris. La jeune fille a ensuite emmené Ilan à Sceaux (Hauts-de-Seine), où le jeune homme est tombé aux mains de ses ravisseurs, selon cette source.
Dans ses déclarations aux enquêteurs, elle a indiqué qu'elle savait qu'il était question d'un enlèvement avec demande de rançon. Après avoir joué son rôle d'appât, la jeune fille, qui demeure alternativement dans un foyer et chez sa mère à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), était rentrée chez elle.
Elle a affirmé n'avoir pas reçu d'argent en échange de sa participation à l'enlèvement d'Ilan Halimi, qui avait été retrouvé agonisant le 13 février et était mort peu après. Mardi soir, un juge des libertés et de la détention (JLD) devait se prononcer sur son éventuelle mise en détention provisoire.
Une autre jeune femme, dont le rôle aurait été mineur dans l'affaire, a été mise en examen par la juge pour "non-dénonciation de crime" et devait également être présentée dans la soirée à un JLD.
En Côte d'Ivoire, Youssouf Fofana se trouvait toujours en détention mardi à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan. Il est incarcéré dans le bâtiment réservé aux "grands criminels" de cette prison ivoirienne qui a connu ces derniers années de nombreuses évasions.
"Ivoirien de par ses parents"
Sous forte escorte policière, il a été conduit mardi au palais de justice d'Abidjan et présenté au procureur général auprès de la Cour d'appel, deuxième étape de sa procédure d'extradition, selon le ministère de la Justice.
L'extradition de M. Fofana est contestée par un "collectif" de cinq avocats ivoiriens qui affirment que l'intéressé "ne peut pas être extradé car il est Ivoirien de par ses parents". Mais le porte-parole du ministère de la Justice ivoirien a réaffirmé à la chaîne LCI qu'il est "bien français", précisant néanmoins que la procédure d'extradition prendrait "plutôt des semaines".
Par ailleurs, les enquêteurs travaillent toujours sur plusieurs autres affaires qui pourraient être attribuées à des membres du groupe de Fofana. Selon Le Monde de mercredi, des rapprochements seraient en cours avec une affaire datant de 2002 dans laquelle cinq personnes, les PDG de Rolex et de Reebok, deux responsables de Whirlpool et un commerçant, avaient reçu des courriers de menaces et demandes de rançon. Toutefois, selon une source policière, il s'agit pour l'instant d'une simple "hypothèse de travail". "On ne peut pas leur coller toutes les affaires de racket" non-élucidées, a ajouté cette source. (AFP)
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