© INTERNEAprès cinq heures de réquisitoire, l'avocat général Christophe Teissier a demandé lundi soir à la cour d'assises spéciale d'appel de Paris de condamner à 30 ans de réclusion criminelle Jean Castela et Vincent Andriuzzi, présentés par l'accusation comme "les théoriciens" de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en 1998. Le magistrat a prié la cour de "ne pas faire abstraction" des peines prononcées en première instance, en juillet 2003, où Castela et Andriuzzi avaient été condamnés à trente ans de réclusion pour avoir participé à la décision de tuer le préfet et à la rédaction des revendications.
Les deux hommes avaient fait appel, ayant toujours clamé leur innocence. L'accusation estime que Castela, agrégéde géographie de 46 ans, et Andriuzzi, professeur de mathématiques de 50 ans, tous deux fortement engagés dans le nationalisme corse, ont été les instigateurs "intellectuels" de l'assassinat du préfet perpétré par un commando de tueurs, dont six membres ont été condamnés en première instance. Castela et Andriuzzi sont également poursuivis pour avoir commis ou s'être rendus complices d'attentats sur le continent en 1994 et 1997.
"Justifier l'injustifiable"
"Certes, ce ne sont pas les hommes de main, mais vous êtes en présence de personnes qui ont pensé, avalisé et revendiqué l'ensemble des attentats", a affirmé l'avocat général Teissier. "Ils sont un rouage essentiel. Dans ce groupe, ce sont des théoriciens, des justificateurs de l'injustifiable", a-t-il ajouté, avant d'étudier les éléments à charge contre les deux hommes. Il s'est appuyé notamment sur un carnet retrouvé chez Castela, contenant des croquis qui auraient servi au repérage d'un attentat contre le rectorat de Paris en 1994. Il a mis aussi en avant un document interne du FLNC, le mouvement terroriste corse, retrouvé dans l'ordinateur d'Andriuzzi.
Les deux hommes nient toute participation. Tout au plus, Jean Castela a-t-il admis au cours des débats avoir "rendu des services" au FLNC en transmettant des informations. L'accusation s'est également appuyée sur une réunion tenue le 18 août 1998 entre les accusés et Alain Ferrandi, condamné en tant que coordinateur de l'assassinat, au cours de laquelle aurait été rédigé le dernier tract de revendication. Alors que les accusés assurent que cette rencontre avait un but "professionnel", Christophe Teissier s'est dit persuadé de son "caractère conspiratif". Les neuf avocats des parties civiles, qui se sont succédé lundi, ont tous retenu la culpabilité des accusés. Le verdict est attendu mercredi après les plaidoiries de la défense mardi.
D'après AFP
(Image d'archive : Vincent Andriuzzi)
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