
Environ 1.500 personnes se sont réunies jeudi soir pour assister, à la synagogue de la Victoire à Paris, à une cérémonie à la mémoire d'Ilan Halimi, enlevé le 21 janvier, torturé puis retrouvé agonisant près d'une gare de banlieue le 13 février. Jacques Chirac et Dominique de Villepin figuraient au premier rang des nombreuses personnalités présentes : figures politiques comme le président socialiste de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, François Bayrou ; représentants religieux comme le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, ou l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois...
"Désormais pour la France, il y aura un avant Ilan et un après Ilan", a lancé le grand rabbin de France Joseph Sitruk au cours de la cérémonie, qui a duré une heure et quart. "Je m'adresse à tous les Français pour leur demander aujourd'hui de se lever tous comme un seul homme et crier : ça suffit, non la France n'a pas perdu son âme. Elle doit être le pays des Lumières qu'elle a toujours été". Soulignant "le caractère exceptionnel, voire unique de la présence conjointe du président et du Premier ministre et des plus hautes autorités de l'Etat", le grand rabbin Sitruk a suggéré à Jacques Chirac et Dominique de Villepin de "déclarer en France comme une grande cause nationale le respect de l'autre, l'amour du prochain et et l'amour de la vie". S'adressant à la communauté juive, il l'a exhortée à ne pas "être inquiète car elle n'est pas isolée, les Juifs sont une composante indéfectible de la France".
Ilan, tué "par des barbares dans la France de 2006"
"La communauté juive est en deuil, la République est en deuil, la France est en deuil", a déclaré le président du Consistoire de Paris, Joël Mergui. Il a exprimé "un cri de douleur et de colère", évoquant la douleur d'Ilan durant son calvaire, tué "par des barbares dans la France de 2006", et exprimé sa colère "face à l'indifférence d'un voisinage qui a laissé faire par lâcheté et conviction".
Pendant que se déroulait cette cérémonie à la synagogue de la Victoire, d'autres hommages se déroulaient non loin. Ainsi au Sénat, où l'examen du projet de loi créant le contrat première embauche s'est interrompu à 19 heures, au moment même où débutait la cérémonie. Tous les sénateurs présents se sont levés à la demande du président de séance, Adrien Gouteyron (UMP), pour s'associer à l'hommage à Ilan par une minute de silence. Et le même soir à Bagneux a eu lieu une marche silencieuse organisée par le conseil municipal.
Dimanche, les associations anti-racistes appellent à "un rassemblement citoyen" à Paris, après que la justice a retenu l'hypothèse de motivations à caractère antisémite dans l'instruction. Le Conseil représentatif des institutions juives de France, SOS Racisme et la Licra ont notamment appelé à cette manifestation contre l'antisémitisme et le racisme, à laquelle s'associent la Ligue des droits de l'Homme ou encore l'Amitié judéo-musulmane de France. L'UMP, le PS, le PCF, l'UDF, le MPF, le FN ont déjà annoncé qu'ils seraient représentés dans ce défilé. En revanche, la Ligue communiste révolutionnaire a refusé explicitement de s'associer à l'appel à manifester, mettant en garde "contre toute instrumentalisation politique" du meurtre d'Ilan Halimi.
Cérémonie de recueillement à Bruxelles Plusieurs organisations juives de Belgique ont organisé jeudi soir à la grande synagogue de Bruxelles une cérémonie de recueillement en mémoire d'Ilan Halimi. A l'issue de la cérémonie, à laquelle avaient été invitées de nombreuses personnalités politiques belges, les participants ont déposé des bougies devant le palais de Justice de Bruxelles, situé à quelques centaines de mètres de la synagogue.
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