Caricatures : Chirac intervient

le 03 février 2006 à 15h57 , mis à jour le 03 février 2006 à 18h25

Le chef de l'Etat s'est entretenu vendredi après-midi avec le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur. L'Union des organisations islamiques de France a annoncé vendredi matin qu'elle allait porter plainte vendredi contre des journaux français qui ont publié des caricatures du prophète Mahomet.

Chirac

Silencieux jusque là dans l'affaire des caricatures de Mahomet, Jacques Chirac a affirmé vendredi que "la liberté d'expression" était un "des fondements de la République", mais appelé chacun "au plus grand esprit de responsabilité, de respect et de mesure", après s'être entretenu avec le recteur de la Mosquée de Paris. A l'occasion de cet entretien avec Dalil Boubakeur qu'il connaît bien, le chef de l'Etat "a rappelé que la France, pays de laïcité, respecte toutes les religions et toutes les croyances. Il a également rappelé que le principe de la liberté d'expression constitue un des fondements de la République", a-t-on indiqué source élyséenne. Jacques Chirac "appelle donc chacun au plus grand esprit de responsabilité, de respect et de mesure pour éviter tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui".

Une "condamnation symbolique"

De son côté, parallèlement à un appel à la sérénité face à la polémique, l''Union des organisations islamiques de France, (UOIF) une importante organisation musulmane française, a annoncé vendredi matin qu'elle allait porter plainte vendredi contre des journaux français qui ont publié ces caricatures. "Nous allons demander à nos avocats de porter plainte et de saisir la justice rapidement. Des plaintes vont être déposées ce soir à Paris. Nous allons porter plainte contre tous les médias français qui ont reproduit ces images", a déclaré à la presse Lhaj Thami Brez, président de l'UOIF, située dans la mouvance des Frères musulmans.

Nous voulons "une condamnation symbolique pour que cela ne recommence pas", a-t-il ajouté, citant des quotidiens qui ont reproduit certaines des caricatures notamment France-Soir et Libération. "Nous demandons protection auprès de la justice, c'est l'agression contre une religion à un certain moment dans un pays de droit. Ce sont les instances judiciaires qui tranchent. La presse n'est pas un pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs, son travail est réglementé, est contrôlé par la loi, le droit. Liberté d'expression oui, mais dans le respect des religions, a-t-il ajouté". L'UOIF est membre du Conseil français du Culte musulman.

Par ailleurs, l'organisation se dit satisfaite du limogeage du directeur de France Soir après la parution des douze dessins danois de la discorde dans les colonnes du quotidien français mercredi. C'est à ses yeux "un signe de respect et de compréhension des sentiments de centaines de millions de musulmans". L'UOIF condamne "avec fermeté les dérives commises sous prétexte de la liberté d'expression". A Paris, l'imam de la mosquée de la rue Myrrha (18e arrondissement) a présenté les caricatures comme une "provocation criminelle". Leur auteur s'expose, selon lui, au "châtiment divin" qui interviendra "tôt ou tard, sous une forme ou une autre".

le 03 février 2006 à 15:57
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8 Commentaires

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  • Creek83, le 03/02/2006 à 16h47

    En réagissant ainsi, une large publicité est faite autour de la publication de ces caricatures, si personne n'avait rien dit sans doute que ces dessins ne seraient jamais sortis du Danemark!!! et seraient peu à peu passer inaperçu dans l'opinion publique!!!

  • JP, le 03/02/2006 à 16h42

    Qu'ont dit les autorités musulmanes lorsque des églises ont été brulé en Indonésie?

  • Matt, le 03/02/2006 à 16h29

    Faut pas pousser quand même, si tout le monde portait plainte chaque fois qu'une caricature sort dans la presse, on aurait pas fini ! Faudrait peut-être apprendre à avoir le sens de l'humour du côté le l'UOIF...

  • Laurent, le 03/02/2006 à 16h28

    L'UOIF doit etre dissoute puisque manifestement elle ne respecte pas les règles et valeurs de base de notre démocratie (liberté de parole, liberté de la presse, etc...). Les intégristes français de tous ordres doivent comprendre rapidement qu'ils ne vont pas nous dicter leurs règles, mais plutot qu'ils ont à respecter celles de l'Etat français. Après la loi sur le voile, ce croupuscule prouve qu'il est du coté de l'obscurantisme religieux et de la conquète du pouvoir par utilisation de l'islamisme comme arme politique.

  • Franck, le 03/02/2006 à 16h26

    Non la France ne doit rien ceder, ni même s'excuser face a ces islamistes!!! Si nos dirigeants se plient a eux alors la France deviendra malgrè elle une république islamique!!! Peuple Francais Reveillez le Coq Gaullois qui est en vous nom de dieu ouvrez les yeux!!!!

  • Alain, le 03/02/2006 à 16h23

    "exigence de respect" a dit Villepin. Mais on n'a jamais entendu un 1er ministre (lui ou un autre) parler ainsi lorsque l'église catholique était aussi caricaturée sur des affiches ou dans des films ! Etrange, non ? La peur serait-elle bonne conseillère ??

  • Le Républicain, le 03/02/2006 à 16h19

    C'est quand même dingue, les extrémistes de l'UOIF qui dénoncent les démocrates, Amis musulmans, respirez un bon coup, un peu d'humour, un sourire

  • Lolote, le 03/02/2006 à 16h06

    Ils on rien d autres à faire, ce qui est grave dans ce monde c'est que l on recule au lieu d avancer..

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