
Alors même qu'Ilan Halimi, enlevé, torturé et retrouvé agonisant dans l'Essonne, a été enterré vendredi matin (le Crif avait appelé la communauté juive à "garder son calme" peu avant la cérémonie), l'enquête sur ses bourreaux a fait un bond. Comme le révélait LCI vendredi matin, un coup de filet a eu lieu à Bagneux, en région parisienne, à l'issue duquel 14 personnes ont été interpellées. Une quinzième personne a été arrêtée en Belgique, un mandat d'arrêt va être lancé contre elle.
Selon le procureur de la République de Paris, le chef du gang a été identifié par les enquêteurs et est déjà connu des services de police pour des antécédents. Il aurait été localisé dans une cité de Bagneux. Sa photo va être argement diffusée. Agé de 26 ans, il est activement recherché et est présenté comme "un individu extrêmement dangereux". Dans la nuit de jeudi à vendredi, alors que ses complices étaient déjà arrêtés, il n'a pas hésité à rappeler la famille d'Ilan pour leur demander une nouvelle rançon.
Le gang était composé d'individus de 17 à 32 ans qui formaient un groupe asocial à la violence sans limites. Ils seraient originaires de la même cité et seraient inspirés par des scénarios lus sur le net ou à la télévision. Leur mobile était, semble-t-il, l'argent. Selon le procureur, la piste antisémite n'est pas privilégiée. "Certaines des victimes ne sont pas juives", a-t-il précisé, avant d'ajouter qu'il "n'y a jamais eu d'insultes, ni de revendications antisémites, dans les SMS ou autres messages envoyés à la famille" du jeune homme âgé de 23 ans.
L'appartement retrouvé
Les policiers ont aussi retrouvé l'appartement où auraient été commis les sévices infligés à la victime. L'affaire a connu un développement rapide jeudi matin lorsqu'une jeune femme blonde correspondant au portrait robot d'une suspecte ayant servi d'appât, s'est rendue au commissariat de Montrouge. La jeune femme a expliqué aux policiers s'être reconnue dans le portrait robot. Elle a avoué avoir attiré des jeunes garçons, précisant qu'elle ne savait pas ce qui risquait de leur arriver. Elle a été placée immédiatement en garde à vue à la brigade criminelle à qui elle a fourni les noms des membres présumés du gang.
Bâillonné, menotté, torturé
Dans le cadre de cette affaire, on savait déjà qu'un homme était en garde à vue depuis deux jours. Il serait soupçonné d'avoir pu intervenir comme "prestataire de service" pour le compte des ravisseurs. La garde à vue en matière de criminalité organisée peut s'étendre jusqu'à 96 heures, renouvelable par tranche de 24 heures.
La victime était vendeur dans un magasin de téléphonie à Paris. Enlevé le 21 janvier, il avait été découvert lundi matin nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, agonisant à proximité de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois. Trois tentatives d'enlèvement connues semblent émaner du même groupe. La première remonte au "début décembre 2005", selon le procureur de la République de Paris. Le juge d'instruction parisien Corinne Goetzmann est en charge d'une information judiciaire notamment pour "assassinat, enlèvement et séquestration en bande organisée avec actes de torture et de barbarie et association de malfaiteurs".
(Photo : AFP)
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