
Jacques Chirac a appelé mercredi les parlementaires UMP, tiraillés entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, à être "unis et rassemblés" en oubliant "polémiques" et "arrière-pensées" pour présenter un front uni de la majorité en 2007. Signe de cette volonté, le chef de l'Etat a réuni la quasi-totalité des 519 députés et sénateurs UMP à l'occasion d'un "buffet campagnard" à l'Elysée, pour la première fois depuis 1996. Des partisans déclarés du président de l'UMP ont cependant interprété cette manifestation comme un "adoubement" du Premier ministre par le président pour la course à l'Elysée.
A quinze mois de la fin de son mandat, menacé d'être marginalisé par les deux champions de la droite, Jacques Chirac s'est posé en chef de la majorité, manière de montrer une nouvelle fois qu'il faudra compter sur lui jusqu'au bout. Il faut être "unis et rassemblés pour l'action", a-t-il dit aux parlementaires UMP, selon son entourage. "C'est la clé de la responsabilité et de la réussite. C'est particulièrement vrai, aujourd'hui, alors que nous abordons la dernière ligne droite de la législature". "2006, plus que toute autre année, doit être une année d'action, de progrès et de réussite pour la France et je fais toute confiance à Dominique de Villepin pour qu'il en soit ainsi", a ajouté Jacques Chirac. "C'est par sa capacité d'union et d'action que notre majorité s'imposera au-delà des polémiques, des scepticismes et des pessimismes, qui se développent quelques fois avec des arrière-pensées", a déclaré le chef de l'Etat, en allusion à la rivalité entre sarkozystes et villepinistes. Les deux candidats potentiels de l'UMP avaient répondu présents à l'invitation.
"Ce n'est pas Sarkozy qui tue Chirac, c'est Villepin"
Si aucun des deux n'a fait encore acte de candidature, la concurrence entre eux est patente, au risque de donner l'impression d'une surenchère. Ainsi, Dominique de Villepin est allé à Berlin : Nicolas Sarkozy va le suivre. Le président de l'UMP a annoncé qu'il se rendrait début mars aux Antilles : le Premier ministre a déclaré qu'il ferait de même d'ici quelques semaines. Dans cette rivalité, M. Chirac a paru apporter son soutien à son Premier ministre, avec qui il serait en froid, selon des sources dans la majorité. Dans l'entourage du président de l'UMP, on disait volontiers il y a peu: "ce n'est pas Sarkozy qui tue Chirac, c'est Villepin". Jacques Chirac a semblé vouloir démontrer le contraire. Il a cité à quatre reprises Dominique de Villepin contre une seule fois "le ministre d'Etat", sans le nommer.
A l'heure où le Premier ministre joue une grande partie de son avenir politique dans le dossier du très controversé Contrat de première embauche, le président lui a apporté un soutien appuyé face à la gauche, aux syndicats et aux mouvements étudiants. La réunion était "très conviviale et sympathique" et le buffet "excellent", selon de nombreux invités qui pouvaient s'asseoir autour de petites tables disposées dans la salle des Fêtes.Cela n'a pas empêché certains de lancer des piques. Jacques Chirac "ne se souvient ni du prénom, ni du nom de Nicolas Sarkozy alors qu'il a cité abondamment celui de Dominique de Villepin. Ca ressemblait à une cérémonie d'adoubement", pour le député sarkozyste Dominique Paillé."Le roi a choisi son dauphin", a renchéri un autre sarkozyste, Pierre Lellouche. En revanche, des villepinistes comme Hervé Mariton ou François Cornut-Gentille se sont félicités du discours rassembleur et "tendu vers l'action" du chef de l'Etat.
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