
"Au vu des développements de ces derniers jours, le président a décidé de se saisir directement de cette question", a expliqué mardi Jérôme Bonnafont. Le porte-parole de l'Elysée a souligné que cette initiative ne s'apparentait en rien à un dessaisissement du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, qui supervise le transfert de l'ancien porte-avions en Inde. "Il n'y a pas lieu de dessaisir un ministre qui est compétent", a-t-il dit, refusant tout commentaire "sur une affaire en délibéré" devant la justice.
Plus tôt mardi, de Russie, Dominique de Villepin a déclaré que "la France se conformerait aux obligations et aux décisions de la justice" sur l'ex-porte-avions français, bloqué au large de l'Inde. "Nous sommes aujourd'hui dans une situation de procédure juridique", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Interrogé par la presse sur le caractère "ridicule" de la situation, il a seulement lancé : "je ne vous contredirai certainement pas quand vous dites que tout cela est regrettable et exige donc des décisions rapides".
De son côté, la ministre de la Défense a annoncé, mardi sur Europe 1, qu'elle avait saisi la justice dans l'affaire du Clemenceau. Michèle Alliot-Marie a demandé "au procureur de la République de Marseille qu'une enquête soit ordonnée sur deux points : l'écart de 30 tonnes constaté entre le poids de l'amiante que Technopure dit avoir retiré du Clemenceau et le poids pesé par le centre d'enfouissement, et d'autre part la disparition d'un certain nombre d'équipements de bord composés de différents autres métaux non ferreux".
"Plus que serein"
La société Technopure est la première prestataire qui avait été chargée du désamiantage du Clemenceau, commencé à Toulon. Elle avait été "écartée du chantier pour des insuffisances et des manquements, notamment à l'information", a rappelé la ministre. "Je commence à en avoir un petit peu assez d'entendre le patron de Technopure s'exprimer pour semer le doute ou faire pression sur différentes autorités", a-t-elle ajouté. Jean-Claude Giannino, gérant de Technopure, s'est dit mardi "plus que serein". "J'attends que la vérité éclate pour permettre de voir qui a menti dans cette affaire", a-t-il ajouté.
Refus de Technopure
"J'ai ordonné récemment une enquête qui a été confiée au contrôle général des armées. Ses conclusions font apparaître de la part de la société Technopure (...) des présomptions d'irrégularités qu'il appartiendra éventuellement à la justice de confirmer", a affirmé Mme Alliot-Marie. Technopure "a refusé de nous remettre un certain nombre de documents qui nous permettent de comparer ce qu'elle nous a dit avoir retiré du Clemenceau et le poids pesé dans le centre d'enfouissement", a-t-elle ajouté.
Lundi, la Cour suprême indienne a demandé une nouvelle expertise avant d'autoriser ou non la fin du désamiantage et du démantèlement du porte-avions en Inde. En attendant la réponse, prévue vendredi, le bâtiment ne peut pénétrer dans ses eaux territoriales.
(Image d'archive : Michèle Alliot-Marie)
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