© INTERNELe Clemenceau devait finir à la casse en Inde. Il est finalement contraint de rejoindre la France sur ordre du président de la République. Son voyage retour, vers le port de Brest, devrait durer trois mois. Mais avant de le revoir dans son pays d'origine, la polémique fait rage autour de son rapatriment. François Hollande a réclamé mercredi une enquête sur "l'affaire d'Etat" du Clemenceau qui "ternit gravement l'image de la France et du Président de la République". Jacques Chirac "a sciemment violé nos engagements internationaux tout en proclamant des principes de précaution à l'échelle internationale, et est obligé aujourd'hui de céder aux injonctions des tribunaux pour les mettre en oeuvre", déclare le premier secrétaire du Parti socialiste dans un communiqué. Aux yeux de François Hollande, le rapatriement de l'ancien fleuron de la marine française sanctionne Michèle Alliot-Marie et met en cause la responsabilité du Premier ministre "qui n'a pas porté à ce douloureux feuilleton la vigilanceindispensable".
Pour les Verts, "le ridicule ne tue pas, l'amiante oui". "Après avoir fait partir le Clemenceau vers l'Inde au mépris de toutes les règles internationales, Jacques Chirac vient donc, logiquement, de décider de son rapatriement". "Les Verts se félicitent de cette décision (et demandent) une politique industrielle de déconstruction, pour les navires comme pour tous les autres produits contenant des éléments polluants".
Sage décision pour Bruxelles
Le Premier ministre Dominique de Villepin a quant à lui annoncé une prochaine réforme des "procédures applicables à l'exportation" des anciens matériels de guerre. Une "mission interministérielle" planchera sur le traitement des navires civils et militaires en fin de vie. Mme Alliot-Marie entend pour sa part réunir ses homologues européens pour réfléchir au démantèlement. Bruxelles précisément s'est félicitée de la décision "très sage" des autorités françaises.
Le rapatriement du porte-avions français désarmé Clemenceau, annoncé par le président Jacques Chirac, lève une sérieuse hypothèque qui pesait sur la visite que doit effectuer le chef d'Etat en Inde à partir de dimanche, estime la presse indienne de jeudi.
Mme Alliot-Marie a estimé à 1 million d'euros le coût du retour, pris en charge par l'Etat, tandis que la société SDI chargée du tractage aller a évalué à 2,5 millions de dollars le coût de ce premier voyage.
| Un porte-avion américain va devenir un récif artificiel |
Un ancien porte-avions américain, l'Oriskany, qui a été débarrassé de ses matériaux toxiques, va devenir un récif artificiel au large de la Floride après l'accord mercredi de l'Agence pour la protectionde l'environnement (EPA). L'EPA estime que "couler l'ex-Oriskany avec des résidus solides de PCB (biphényle polychloré) ne posera pas de risque inacceptable pour l'environnement et la santé humaine", selon le document qu'elle a rendu public mercredi. Le navire, qui a été débarrassé des autres produits toxiques qu'il contenait, comme l'amiante, le fuel, les peintures, a encore des résidus de PCB sous forme solides qui ont été jugés impossibles à retirer complètement. Les PCB sont des produits très toxiques qui ne sont plus guère utilisés aujourd'hui. Par le passé ils ont été largement employés dans la composition de solvants et de fluides isolants pour les transformateurs électriques. Le feu vert de l'EPA va permettre à la Marine américaine de couler cette année l'ancien porte-avions au large de la ville de Pensacola (Floride, sud-est) dans le Golfe de Mexico. Le navire de 32.000 tonnes, qui a servi pendant les guerres de Corée et duVietnam, sera le plus grand bâtiment naval à être coulé intentionnellement pour devenir un récif artificiel. Il servira de site de plongée. |
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