Le Clemenceau va rentrer en France

le 15 février 2006 à 13h31 , mis à jour le 15 février 2006 à 22h11

Dans un communiqué publié peu après la décision du Conseil d'Etat suspendant le transfert du Clemenceau en Inde, Jacques Chirac a ordonné le rapatriement de l'ancien porte-avions. Dominique de Villepin annonce une réforme des procédures applicables pour l'exportation des anciens matériels de guerre.

porte avions clemenceau © INTERNE

L'arrêt du Conseil d'Etat, saisi par des mouvements écologistes sur le Clemenceau, a été rendu public ce mercredi à 14 heures : conformément aux recommandations du commissaire du gouvernement, il a décidé de suspendre le transfert de l'ancien fleuron de la marine française en Inde où il devait être désamianté et démantelé. Moins d'une demi-heure plus tard, l'Elysée publiait un communiqué de Jacques Chirac :  "le Conseil d'Etat vient de suspendre la décision de transférer en Inde l'ex-Clemenceau. Au vu du dossier, le président de la République a décidé de rapatrier le navire en France".

Le chef de l'Etat, qui entame dimanche une visite d'Etat en Inde, a également décidé de faire effectuer une contre-expertise pour "établir de manière incontestable les quantités d'amiante et d'autres substances encore présente sur le navire". Il a décidé en outre de "placer ce navire dans les eaux françaises dans une position d'attente qui offre toutes les garanties de sécurité, jusqu'à ce qu'une solution définitive soit trouvée pour le démantèlement", a précisé l'Elysée. La coque et son remorqueur, partis le 31 décembre de Toulon, se trouvent dans les eaux internationales de l'Océan indien, à une quinzaine de journées de mer de l'Inde. Michèle Alliot-Marie, au cours d'une conférence de presse mercredi après-midi, a précisé que le navire devrait rejoindre les eaux territoriales françaises d'ici trois mois, en contournant le cap de Bonne-Espérance, et être dirigé vers le port de Brest ; le coût de son rapatriement, évalué à 1 million d'euros, sera pris en charge par l'Etat (lire notre article : "MAM assume et décrypte"). 

"La France se doit d'être exemplaire"

L'Europe ne disposant pas de capacités nécessaires au démantèlement de bateaux de l'importance du Clemenceau, Jacques Chirac souhaite que cette question soit abordée "avec nos partenaires européens", en vue de l'établissement de "normes mondiales rigoureuses qui donnent toutes les garanties de respect du droit social, de la santé des travailleurs et de l'environnement". Jacques Chirac, a enfin indiqué le communiqué, souhaite que l'Europe examine "les possibilités de renforcement des capacités de dépollution en Europe". Dans le domaine du démantèlement des navires, "qui pose au plan mondial des questions de protection de l'environnement", le chef de l'Etat juge que "la France se doit d'être exemplaire et d'agir dans la plus grande transparence".

Une volonté de transparence aussitôt illustrée dans un autre communiqué, émanant cette fois de Matignon : Dominique de Villepin y a annoncé une prochaine réforme des "procédures applicables à l'exportation" des anciens matériels de guerre. "Prenant acte de la requalification d'un 'matériel de guerre' en 'déchet' par le Conseil d'Etat, c'est l'ensemble des procédures applicables à l'exportation de ce type de produits qui doivent être réformées", a indiqué le Premier ministre. "Un groupe d'enquête interministériel composé de membres de l'Inspection générale des Finances, du Contrôle général des armées et du Conseil général des Mines va être chargé de conduire cette mission".

Satisfaction des écologistes, la gauche crie au camouflet

Les associations écologistes se sont pour leur part déclarées "satisfaites" de la décision du Conseil d'Etat, en dépit, a souligné Greenpeace, "des obstacles à la transparence et à la vérité dans ce dossier". "Depuis le début, nous alertions le gouvernement sur le fait qu'il était en train de violer le droit européen et international", a déclaré Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace. De son côté, Michel Parigot, président du Comité amiante Jussieu, a mis en cause l'Etat, accusé d'avoir "menti" sur ce dossier. Enfin, Annie Thébaud-Mony, porte-parole de Ban Asbestos France, a souligné que les associations s'étaient engagées dans une "course contre la montre" : "Si le bateau était arrivé en Inde avant que le Conseil d'Etat puisse se prononcer, on risquait d'avoir une situation ingérable". Deux des associations, le Comité amiante de Jussieu et l'Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante, ont demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Sur le plan politique, François Hollande a évoqué un "camouflet au gouvernement", et réclamé "une enquête complète sur cette affaire d'Etat". La vice-présidente de l'UDF, Marielle de Sarnez, s'est dite satisfaite que le président de la République ait "enfin pris la décision de rapatrier" le Clémenceau, "décision qui aurait dû s'imposer dès le début". Selon Georges Sarre, premier secrétaire du MRC, "c'était la seule option valable". Le mouvement écologiste CAP 21 présidée par l'ancien ministre Corinne Lepage a vu dans cette décision la "conclusion ultime d'un véritable fiasco".

(Image d'archive : le Clemenceau)

le 15 février 2006 à 13:31
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25 Commentaires

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  • Fredy, le 16/02/2006 à 11h14

    Un bon reportage pour combien ça coute !

  • Vivement demain, le 15/02/2006 à 15h59

    Vivement demain comme disait Jacques Chirac en 86.... un demain, sans lui.

  • First, le 15/02/2006 à 15h53

    Es une histoire belge????

  • Taz, le 15/02/2006 à 15h50

    Qui va payer la facture ??? Nous à qui on va chanter l'éternel refrain du il faut faire des économies, ne pas gaspiller l'argent public, etc ... c'est honteux.

  • Jean Pierre, le 15/02/2006 à 15h45

    Encore un succes chiraquien. Ce bouffon nous aura ridiculise jusqu'au la fin. Vivement 2007

  • Dan, le 15/02/2006 à 15h45

    Il n'est jamais trop tard pour prendre une bonne décision, mais n'aurions nous pas pu faire l'économie d'une mauvaise publicité "gratuite"...Car enfin,que font les autres pays pour se débarrasser de leurs épaves...?, n'y aurait-il que des "petits saints" et la "vilaine France", en tout cas on pourrait le penser en écoutant "green peace" et certains "écolos"........

  • Adeline, le 15/02/2006 à 15h37

    Comment cela aura-t-il coûté au contribuable ? C'est honteux ! Nous avions, à l'origine, signé un contrat avec l'Espagne ; qu'avions-nous besoin d'écouter les écologistes et de rompre ce contrat ?

  • CB, le 15/02/2006 à 15h32

    Et voila où partent nos impôts! Proprement scandaleux...

  • Maurice, le 15/02/2006 à 15h31

    Et tout ça à la charge du CONtribuable comme d'habitude!!!!!

  • Fab, le 15/02/2006 à 15h31

    Et ça va nous couter combien ce petit caprice présidentiel ?

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