© INTERNE"Révoltantes, condamnables, indignes et dégradantes" : c'est en ces termes que le Comité d'entente des associations de gendarmerie, regroupant 80.000 gendarmes d'active et de réserve, vient de condamner, jeudi, les circonstances de la mort d'un gendarme le 12 février sur l'île de Saint-Martin (Antilles). Ce jour là, Raphaël Clin, un gendarme de 31 ans, se rendait sur les lieux d'une course-sauvage de motos, un "run", pour effectuer des contrôles. Mais alors qu'il tente de traverser la route, il est percuté de plein fouet et tué sur le coup par une moto roulant à une vitesse estimée de 180 à 200 km/h. Le chauffard, grièvement blessé est toujours hospitalisé. La mort en soit de ce gendarme, pendant son service, est choquante, mais les circonstances le sont tout autant. Selon l'association de défense des droits des militaires (adefdromil), "le gendarme Clin est décédé, victime de son devoir, dans l'indifférence, l'injure, l'outrage et le racisme".
En effet, selon plusieurs témoignages recueillis par l'adefdromil, l'agonie du gendarme aurait "déclenché de la part d'une quarantaine de personnes une réjouissance collective indigne de notre pays" et des propos racistes. Le gradé qui accompagnait Raphaël Clin aurait demandé à ces personnes d'appeler les secours, sans résultat. L'épouse du défunt gendarme, Stéphanie Clin, a elle-même été témoin de comportements haineux, lors de son arrivée à l'hôpital où son mari avait été transporté. "Il y a avait plein de monde, des gens de la famille de ce chauffard, une grande agitation, explique-t-elle dans Le Parisien daté du 22 février. Quand on nous a dit que mon mari était mort, ils avaient tous le sourire, ils ont sauté de joie et ont crié victoire d'avoir tué un gendarme".
Sur l'île, les proches ne comprennent pas que cela ait pu arriver à Raphaël, père sans hitoire d'un enfant de 4 ans. Mardi dernier, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a saisi la justice sur les conditions dans lesquelles le gendarme est mort. Le ministre "souhaite que toute la lumière soit faite", précise un communiqué. Mme Alliot-Marie cite les qualifications "d'homicide, mais aussi non assistance à personne en péril, apologie de crime et délit, provocation à la haine et à la discrimination raciales". "Le gendarme Clin agissait dans le cadre de missions de sécurité publique sur la route, justifiées par des rassemblements sauvages de jeunes cyclomotoristes", rappelle le communiqué. Sur le plan politique, le député PS de la Guadeloupe Victorin Lurel a dénoncé de "scandaleuses attitudes de non assistance à personne en danger" (...) "Ces attitudes sont une insulte à la dignité humaine et à la plus élémentaire compassion".
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