
La gauche avait promis une bataille d'amendements et une discussion pouvant aller au-delà du week-end mais le CPE a finalement été adopté plus vite qu'attendu, dans un hémicycle presque vide. C'est avec 51 voix UMP, contre 23 voix PS, PCF, Verts et UDF, que le texte a été adopté cette nuit. Les députés doivent encore examiner 25 articles, d'ici à la fin de la semaine, pour achever l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances qui fera l'objet d'un vote solennel le 21 février.
Après des heures de discussions, furieux, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, est sorti de ses gonds jeudi peu après une heure. "Vous avez insulté la présidence, vous m'empêchez de conduire le débat. Je suis profondément vexé. Je terminerai" l'examen du CPE, s'est emporté M. Debré, après que Maxime Gremetz (PCF) eut clamé en séance que l'objectif de la gauche, après son sommet de l'après-midi, était d'empêcher l'achèvement, dans la nuit, de l'examen du dispositif.
Toute la soirée, à coups de suspensions de séances, de scrutins publics à répétition, et de longs exposés, l'opposition a mis à rude épreuve les nerfs de l'UMP. "Nous n'allons pas nous saborder", lançait Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée. "Le CPE, c'est un combat politique. C'est une mèche lente, le gouvernement devrait faire attention", confiait le député-maire de Nantes, dans les couloirs.
Depuis le début de l'examen du texte sur l'égalité des chances, les députés de gauche et de l'UDF ont ferraillé contre ce contrat, à leurs yeux, "précaire". "C'est un contrat moins favorable que le CDD, moins favorable que le contrat le plus précaire", a répété sans relâche Gaétan Gorce (PS). "C'est une loi sur le licenciement", a renchéri le chef de file des députés PS.
(Photo : dans la nuit de mercredi à jeudi à l'Assemblée après le vote - LCI)
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