
Dominique de Villepin le répète au Figaro, ce lundi : il ne fera pas marche arrière sur le Contrat première embauche dont la mise en œuvre se fera selon le calendrier prévu. Malgré la poursuite de la mobilisation contre le CPE et la tiédeur des sondages à cet égard, le Premier ministre veut que le nouveau contrat soit, dans le cadre du projet de loi sur l'égalité des chances, "adopté dans le courant du mois de mars".
Dominique de Villepin dit comprendre "les inquiétudes" des jeunes et "leurs interrogations", notamment "sur la période initiale de deux ans" durant laquelle l'employeur peut licencier le titulaire d'un CPE sans avoir à justifier sa décision. Mais, selon lui, "l'intérêt d'une entreprise qui a formé un salarié, c'est de le garder le plus longtemps possible".
" Obstruction "
Rejetant toute critique sur une remise en cause du modèle social français, M. de Villepin estime que son objectif est "au contraire d'offrir à tous les jeunes un accès rapide et sûr à l'emploi auquel il n'ont pas le droit aujourd'hui" et affirme que "c'est impossible avec les instruments actuels". "Je refuse que la France reste la lanterne rouge du chômage en Europe. La sécurité passe par le changement", ajoute-t-il en appelant les syndicats à ne pas faire le choix de "l'immobilisme" mais de "l'avenir".
Il réaffirme par ailleurs qu'il n'a recouru à l'article 49.3 (adoption sans vote du texte) sur le texte qu'en raison de "l'obstruction" et du "blocage" de la gauche. Interrogé sur un éventuel durcissement de la contestation contre le CPE, comme cela avait été le cas en 1994 contre le CIP, ou Smic-jeunes, d'Edouard Balladur, il semble plutôt serein : "La majorité est aujourd'hui unie derrière le gouvernement". Une façon de reconnaître que les chiraquiens n'avaient eux pas facilité la tâche à M. Balladur.
Le calendrier pour 2007
La mobilisation anti-CPE semble toutefois inciter M. de Villepin à la prudence dans la poursuite de la réforme du code du travail. Alors qu'il avait mis le contrat de travail unique "sur la table" dans la perspective de la troisième phase de sa "bataille pour l'emploi", annoncée pour les prochains mois, il souligne maintenant que c'est une "question complexe" qui "demande une analyse et des concertations approfondies". "J'écouterai avec intérêt les partenaires sociaux ", ajoute-t-il avec circonspection.
Prudence également sur toutes les questions liées à 2007. Interrogé sur le fait de savoir s'il est d'accord avec Nicolas Sarkozy sur le calendrier de désignation du candidat UMP pour la présidentielle, il répond seulement qu'avec son numéro deux, il est "mobilisé sur le même objectif : apporter des réponses aux préoccupations des Français".
D'après AFP
(Image : la Une du Figaro)
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