© INTERNEUne bataille judiciaire a éclaté autour de l'hospitalisation à Paris de Raymond Devos : une femme disant être sa compagne a demandé mercredi à la justice de l'autoriser à lui rendre visite alors que, selon sa famille et l'hôpital, l'humoriste refuserait de la voir. Le tribunal de grande instance de Paris, saisi par la plaignante en référé, a mis son jugement en délibéré au 14 février.
Marie Christine Samamtha Lemonnier, 55 ans, affirme dans son assignation être empêchée de rendre visite à Raymond Devos, 83 ans, hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière à la suite d'une attaque cérébrale, par le secrétaire de l'humoriste, Pierre Herran, et par la direction de l'hôpital. Elle demande au tribunal de faire injonction aux mis en cause de "cesser immédiatement, sans délai, toute obstruction" à son droit de visite. Mais Me Benoît Chabert, avocat de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a affirmé à l'audience que Raymond Devos avait clairement exprimé lundi devant un médecin et un huissier son souhait de ne pas voir la plaignante. "Je refuse de recevoir Mme Lemonnier. Cette femme est rayée de mes tablettes, elle n'a pas arrêté de mentir", a expliqué l'humoriste, selon l'avocat, qui a précisé qu'un neurologue a certifié que l'état de santé de Raymond Devos "lui permettait de donner son consentement".
Des témoignages et une lettre
En riposte, l'avocat de la plaignante, Me Gilbert Collard, a produit à l'audience une lettre manuscrite qu'aurait écrite le 4 décembre 2005 Raymond Devos à l'hôpital américain de Paris où il était alors hospitalisé avant de changer d'établissement. "Je suis ici en prison où je n'ai aucun droit. Le médecin chef du service, avec ma famille, me refusent la compagnie de Samantha que je réclame en permanence. Je veux partir d'ici", aurait écrit l'artiste à ses avocats en expliquant avoir rédigé ce courrier "en cachette de ses geôliers, dans son lit sous ses draps". "On est en train d'étouffer un homme, en le persuadant que la femme qu'il aime l'a trahi tout simplement parce qu'on a peur pour le fric", a lancé Me Collard.
Me Guillaume Le Foyer de Costil, avocat de Pierre Herran, secrétaire artistique de Raymond Devos depuis 34 ans, a expliqué que Raymond Devos avait eu "deux femmes dans sa vie aujourd'hui décédées", mettant ainsi en doute la relation revendiquée par la plaignante avec l'artiste. Me Jean-François Le Forsonney, avocat de Jean-Louis Devos, le neveu de l'artiste, a indiqué que son client avait été désigné par un juge des tutelles le 10 novembre 2005 "mandataire spécial pour gérer les biens de son oncle" après qu'un certificat médical eut constaté l'altération de ses facultés mentales. "La correspondance attribuée par la plaignante à Raymond Devos est postérieure à cette date", a expliqué l'avocat sans exclure que le courrier "puisse procéder d'une falsification". "Le procureur de Versailles a ouvert une enquête sur les agissements de cette femme qui s'est fait passer dans la presse pour son épouse", a encore ajouté Me Le Forsonney, regrettant que "cette affaire médiatise l'état de santé d'un grand artiste qui n'a jamais étalé sa vie privée dans les journaux".
Photo : Raymond Devos en 2002 (DR)
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