© INTERNEPour l'avocat général de Cour européenne de Justice, il n'y a pas de doute, Edith Cresson est coupable. C'est "à juste titre que la Commission européenne l'accuse de favoritisme, en violation de ses obligations de commissaire", explique Leendert Geelhoed, dans un avis cité jeudi par un communiqué de la Cour. Il ajoute que, selon lui, "de tels actes méritent une sanction pécuniaire" et propose par conséquent à la Cour de prononcer la "déchéance de 50% des droits à la pension" de l'ancienne commissaire.
Edith Cresson, ex-Premier ministre de François Mitterrand, a été chargée des portefeuilles de la Recherche et de l'Education de janvier 1995 à mars 1999, date à laquelle la Commission européenne présidée par Jacques Santer a démissionné collectivement, après l'éclatement d'un scandale lié à des accusations de favoritisme à l'encontre de la commissaire française. Selon la Commission, qui a décidé d'engager une procédure en janvier 2003, Edith Cresson a, pendant qu'elle a occupé ses fonctions, fait preuve de favoritisme envers deux de ses connaissances. L'une d'elles, René Berthelot, un dentiste de 66 ans originaire de la ville d'Edith Cresson, "a été recruté sur l'insistance de celle-ci pour lui servir de conseiller personnel, malgré les avertissements selon lesquels un tel recrutement était impossible", précise le communiqué.
L'opinion de l'avocat général ne lie en rien les juges de Luxembourg, qui suivent toutefois dans huit cas sur dix ses recommandations.
Photo : Edith Cresson (archives 2003)
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