Erika : Total renvoyé en correctionnelle

Par Par D.S. (d'après AFP), le 03 février 2006 à 13h52 , mis à jour le 03 février 2006 à 13h55

Le groupe pétrolier français est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris avec une dizaine d'autres mis en examen dans l'affaire du naufrage de l'Erika en 1999 au large des côtes bretonnes. La juge d'instruction a retenu la qualification de "complicité de mise en danger de la vie d'autrui".

erika © INTERNE

Le groupe pétrolier français Total SA sera jugé pour "pollution et complicité de mise en danger de la vie d'autrui". Deux autres personnes morales du groupe, Total transport corporation (TTC) et Total petroleum services (TPS), ainsi qu'un directeur juridique de Total, Bertrand Thouilin, sont également renvoyés devant le tribunal. Parmi les autres prévenus, figurent la société de classification maritime italienne Rina, en tant que personne morale et l'un de ses responsables.

Le 12 décembre 1999, l'Erika, battant pavillon maltais et affrété par Total, s'était brisé en deux à 70 km au sud de Penmarc'h (Finistère) avec 30.900 tonnes de fioul lourd à bord. Le lendemain, les deux parties de l'épave coulaient, libérant deux nappes de fioul provoquant une pollution sur 400 kilomètres entre le Finistère et la Vendée.

Au-delà des réquisitions

Le dossier de renvoi de la juge d'instruction contient quelques points de divergence avec la position du parquet de Paris. Ce dernier, dans ses réquisitions, demandait notamment le renvoi de Total pour le seul chef de "pollution maritime". La juge a retenu la qualification de "complicité de mise en danger de la vie d'autrui". Le parquet avait également requis le non-lieu pour trois militaires et un civil, membres des services en charge de l'autorité maritime, ce que n'a pas non plus suivi la juge.

Plusieurs des 60 parties civiles ont exprimé leur satisfaction après l'annonce du renvoi. "Nous sommes satisfaits que la recherche de responsabilité s'applique à une très grande société qui aurait dû avoir une autre politique dans le choix de ses navires", a réagi Vigipol, syndicat mixte de protection du littoral des Côtes d'Armor et du Finistère. "Ce procès sera une tribune pour mettre le doigt sur tous les problèmes qui restent dans le monde maritime, comme ceux de la formation et de la compression des équipages", a estimé Jo Le Guen, président du Syndicat pour l'assainissement du monde maritime.

"La justice est devenue courageuse et responsable car elle ose faire régner la loi chez les pétroliers sans foi ni loi", a abondé Alain Malardé de la Confédération maritime. L'avocat du Conseil général de la Vendée s'est quant à lui félicité "que tous les responsables soient là et notamment Total à l'origine de ce transport". Rejetant les accusations en fait et en droit, Total estime que ce renvoi "est une étape attendue" qui permettra "d'ouvrir le débat".

(Image d'archive)

Par Par D.S. (d'après AFP) le 03 février 2006 à 13:52
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