© INTERNEL'accusé Stéphane Krauth a demandé pardon devant la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle à la famille Schaaff pour la mort de Karine, au premier jour de son procès en appel de sa condamnation à perpétuité pour l'enlèvement et la mort de la lycéenne en 2001. "Je vous demande pardon, je m'excuse", a déclaré l'accusé, la voix assurée, au père de Karine, Roger Schaaff, exprimant des remords, contrairement à sa première comparution devant les assises de Moselle à Metz en 2004. "Certes je suis coupable de la mort de Karine, mais je ne l'ai pas tuée volontairement. Je ne l'ai pas violée. Si vous ne pouvez pas me pardonner, je peux vous comprendre".
Ce jeune homme de 28 ans est accusé de l'enlèvement et du viol suivi de mort de Karine Schaaff, lycéenne de 17 ans, dont le corps à demi-nu et en partie carbonisé avait été retrouvé onze jours après sa disparition en juillet 2001 à Bitche (Moselle). Avec ses avocats, Mes Alexandre Bouthier et Luc Girard, il entend soutenir à nouveau la thèse de l'accident qui aurait "dégénéré" lorsqu'il a heurté avec sa voiture le vélo de la jeune victime. L'accusé a été décrit par l'enquête de personnalité comme un garçon à l'enfance chaotique, deux fois adopté, violent avec ses parents adoptifs et capable "d'un grand détachement affectif". Vendredi en début d'après-midi, à l'ouverture de son procès en appel, il avait indiqué à la présidente de la cour avoir fait appel parce qu'il estimait n'avoir "jamais été compris et avoir été condamné pour des choses qu'(il n'avait) pas faites".
"Je n'ai jamais été compris"
La mère de la victime, Mme Edith Schaaff, entendue en tant que partie civile dans l'après-midi, portant le portrait de sa fille en large médaillon autour du cou, a longuement évoqué, cris et sanglots dans la voix, la douleur de la perte de Karine, son enfance, son éducation, le vélo qu'elle venait d'étrenner pour son bac de français. "J'aurais donné mon âme au diable pour savoir si elle était vivante", a-t-elle lancé dans un cri, se rappelant la semaine passée sans qu'on retrouve la jeune fille. Le père, sobre, s'est souvenu de Karine, "une jeune fille au coeur sur la main, le soleil du quartier" et a dénoncé "le monstre qui n'en a fait qu'une bouchée". Stéphane Krauth est resté les yeux baissés, l'air contrit.
A l'occasion d'un diaporama présentant l'enquête des gendarmes et la reconstitution, l'audience a donné lieu à une première passe d'armes entre les avocats de la défense et le conseiller des parents de la victime. Interrogé sur des traces de pneus qui ne parviennent pas à éviter le vélo de Karine, Krauth répond, déterminé : "Je n'ai pas pu freiner. Cela allait tellement vite". Selon lui, il était juste allé faire une pointe de vitesse sur cette petite route de forêt pour "s'amuser", tandis que la partie civile voit en lui un prédateur, qui a pris soin d'asperger sa victime de gaz lacrymogène avant de l'emmener.
Une quarantaine de témoins, experts y compris, seront appelés à la barre dont Péroline Garino, l'ancienne concubine de Krauth. Condamnée en première instance à trois ans de prison pour destruction de preuve, elle a renoncé à faire appel. Elle devrait être extraite de Fleury-Mérogis pour être interrogée mercredi à Nancy. Le procès doit durer six jours et le verdict est attendu vendredi 17 février.
Photo : Stephane Krauth (archives)
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