
"Notre engagement est entier et nous sommes disposés à reprendre l'amiante qui sera retiré du navire, quelle que soit sa quantité, si les autorités indiennes le désirent", a déclaré l'ambassadeur de France Dominique Girard. Une déclaration tenue à l'issue d'une visite des chantiers d'Alang, dans l'Etat du Gujarat (ouest) où l'ancien fleuron de la flotte française doit être démoli après avoir subi la fin de son désamiantage. "Il est hors de question de contraindre l'Inde", a ajouté le diplomate, assurant qu'il n'y avait "pas de plan B" dans le cas où la Cour suprême indienne refusait au Clemenceau l'entrée dans ses eaux territoriales.
" Les ouvriers sous surveillance "
Paris a dépêché sa propre équipe d'experts et surveillera de près la santé des 45 ouvriers qui seront impliqués dans le retrait de l'amiante. "Nous allons apporter l'équipement adéquat afin de nous assurer que les conditions de travail de ces personnes soient les mêmes qu'en Europe", a promis l'ambassadeur, se disant satisfait de ce qu'il avait vu lors de sa visite des chantiers navals. Sur les 160 tonnes de matériaux amiantés, 115 ont été enlevées à Toulon mais les 45 restantes "ne pouvaient être retirées sans menacer la structure du navire", selon le ministère de la Défense. Des chiffres contestés par les associations écologistes. Greenpeace a publié vendredi deux nouvelles évaluations d'experts évaluant entre 500 et 1.000 tonnes la quantité encore à bord de matériaux contenant de l'amiante.
" Jugement le 13 février "
La Commission de contrôle de la Cour suprême indienne (SCMC) avait indiqué lundi qu'elle attendait toujours des données de Paris pour rendre son rapport à la Cour pour son jugement attendu le 13 février. Le "Clem", actuellement dans l'océan Indien, est interdit en Inde avant cette date. La SCMC avait demandé le mois dernier à Paris des détails sur l'ancien fleuron de la flotte française, comme la quantité d'amiante et d'autres éléments toxiques possibles. Un comité d'experts indiens avait rendu il y a 15 jours un premier avis défavorable à l'accueil du Clemenceau.
| 68% des Français pour le rapatriement du Clemenceau |
Près de sept Français sur dix (68%) souhaitent que le Clemenceau, en route vers l'Inde, soit rapatrié en France pour être désamianté (sondage CSA publié mercredi). A l'inverse, 25% ne désirent pas le retour de l'ancien porte-avions français sur le territoire. 7% ne se prononcent pas. 54% des personnes interrogées se déclarent "choquées" de l'envoi du Clemenceau en Inde, contre 39% et 7% sans opinion.Une grande majorité de Français (84%) estiment que les déchets toxiques et l'amiante produits dans les pays industrialisés doivent être "traités en France ou dans un pays industrialisé". 9% pensent qu'ils peuvent être traités dans un pays du tiers monde et 7% ne se prononcent pas. |
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