"La marmite bout à Saint-Martin"

le 24 février 2006 à 19h00 , mis à jour le 24 février 2006 à 19h23

La polémique continue à monter et les dénonciations se multiplient après la mort d'un gendarme dans l'île antillaise, alors que des spectateurs de son agonie l'auraient injurié au lieu de lui porter secours. Michèle Alliot-Marie a annoncé son intention de se rendre sur place.

fait divers policiers (étiquette vignette) © INTERNE

La mort d'un gendarme français à Saint-Martin, aux Antilles, qui s'est accompagnée selon des témoignages d'injures racistes à son encontre, continue de provoquer émotion et polémique (lire : "Colère après la mort d'un gendarme à Saint-Martin"). La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a annoncé vendredi son intention de se rendre dans l'île, à une date non précisée mais en tout cas après le directeur général de la gendarmerie, le général Guy Parayre, qui doit aller à Saint-Martin "début mars". Michèle Alliot-Marie a également demandé à ce dernier de prendre toute un série de mesures "eu égard au contexte délicat", notamment "que les familles logées à l'extérieur de la caserne de Marigot soient rassemblées sur un site unique et que leur sécurité soit pleinement assurée".

François Baroin, ministre de l'Outre-mer, a demandé au préfet de Guadeloupe de réunir tous les commandants d'unités de gendarmerie stationnés dans cet archipel, a indiqué le ministère vendredi. Actuellement à la Réunion pour l'épidémie de chikungunya, le ministre a également fait savoir qu'il se rendrait sur place à Saint-Martin "dès que possible". Sur place, les gendarmes dénoncent la tension : "La marmite bout à Saint-Martin", a déclaré un officier supérieur de la gendarmerie, s'exprimant sous couvert de l'anonymat. "Les gendarmes ont énormément de travail" et la "criminalité est très importante", a-t-il poursuivi, en évoquant les trafics de drogue, l'immigration clandestine et une délinquance quotidienne. L'Essor de la Gendarmerie, organe mensuel de l'Union nationale du personnel en retraite de la gendarmerie (UNPRG), a exprimé vendredi son "immense indignation".

"Inacceptable, inhumaine et criminelle"

Vendredi, l'UMP Guy Tessier, président de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, a affirmé que les circonstances de la mort du gendarme Raphaël Clin n'avaient "rien à envier à la mort tragique et tout aussi inhumaine" d'Ilan Halimi. "L'agonie du gendarme Clin sous les yeux d'une quarantaine de personnes hilares, ne portant en aucune manière assistance à la victime et tenant des propos, semble-t-il, racistes et injurieux, est purement inacceptable, inhumaine et criminelle", a affirmé dans un communiqué le député des Bouches-du-Rhône. Le FN a dénoncé "un acte raciste monstrueux", le MPF de Philippe de Villiers "un acte de racisme anti-blanc", les deux partis pointant le "silence" qui a entouré, selon eux, cette affaire.

Pour sa part, s'il a dénoncé "des propos indignes", le premier adjoint au maire de Saint-Martin, Jean-Luc Hamlet, a démenti que le racisme soit en cause. Selon lui, ces propos "ont été tenus par une petite minorité de personnes", évaluée à "deux ou trois" individus, et "il faut les interpréter dans l'esprit de ce qui peut se passer dans les banlieues en France, dans les rapports entre les jeunes et les policiers", et "pas dans le sens du racisme". "Il y a plus de 100 nationalités qui vivent sur l'île et il n'y a pas de racisme", a-t-il souligné. Il a également dit "regretter fortement" la mesure de regroupement des familles de gendarmes. "J'aurais préféré des mesures qui aillent plus dans le sens de l'apaisement", a déclaré l'élu. "Avec ces mesures de regroupement, on se croirait en Côte d'Ivoire, avec des gendarmes attaqués par la population : ce n'est pas du tout le cas".

le 24 février 2006 à 19:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience