Meurtre d'Ilan : Fofana minimise son rôle

le 24 février 2006 à 12h36 , mis à jour le 24 février 2006 à 12h36

Dossier : Gang des Barbares

Le chef présumé du gang des barbares est toujours en détention à Abidjan où les autorités attendent la demande d'extradition de Paris. Depuis son arrestation dans la nuit de mercredi à jeudi, Youssou Fofana a admis avoir participé à l'enlèvement et au meurtre d'Ilan Halimi, tout en minimisant son rôle. Il réfute revanche le caractère antisémite du crime.

youssouf fofana

Le chef présumé du "gang des barbares", Youssouf Fofana, arrêté à Abidjan par la police ivoirienne dans la nuit de mercredi à jeudi, était attendu en France dans les heures ou les jours qui viennent, en fonction de la rapidité des modalités de son extradition. Vendredi matin, Fofana se trouvait toujours dans les locaux de la police judiciaire. Il y a passé la nuit où il est resté en permanence sous la surveillance étroite d'inspecteurs ivoiriens. Depuis près de 36 heures, le suspect n'a pas bougé du bâtiment central de la police judiciaire, au milieu de l'enceinte qui sert de quartier général à la brigade criminelle, au quartier administratif du Plateau dans le centre d'Abidjan.

Youssouf Fofana, soupçonné d'avoir torturé à mort Ilan Halimi, en banlieue parisienne, a été arrêté sans violence dans la nuit de mercredi à jeudi à Abidjan par la police judiciaire ivoirienne, alors qu'il sortait d'une visite chez des proches, dans une résidence du quartier populaire d'Abobo. Il devait être déféré ce jour devant un juge d'instruction ivoirien, pour être rapatrié dans les prochains jours vers la France, après l'émission d'un mandat d'arrêt international et une demande d'extradition française. Jeudi soir, cette demande d'extradition n'avait toujours pas été communiquée à la justice ivoirienne. Une cour d'appel ivoirienne devra ensuite se prononcer sur la demande française, avant qu'un décret ne soit signé par les autorités politiques ivoiriennes. Cette demande d'extradition pourrait arriver ce vendredi à Abidjan, mais cela peut prendre aussi plusieurs jours, malgré la volonté politique des deux côtés de régler au mieux et le plus rapidement cette affaire.

Assurances politiques

Dans un communiqué, le président Laurent Gbagbo a annoncé jeudi avoir "donné de fermes instructions" afin de rapatrier Youssouf Fofana vers la France, "pays dont il détient la nationalité". A ce propos, le doute régnait, jusquà la déclaration de Gbagbo, sur la nationalité du suspect, dont l'éventuelle double nationalité ivoirienne, aurait pu compliquer l'extradition, prévue par une convention entre les deux pays. Jeudi après-midi, Dominique de Villepin déclarait avoir reçu du président ivoirien l'assurance que "Youssouf Fofana serait rapatrié en France dans les prochaines heures". "Le principe du rapatriement en France est acquis, c'est une affaire de jours ou d'heures", indiquait un peu plus tard le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Le suspect nie être antisémite

Youssouf Fofana, 25 ans, a reconnu "s'en être pris à un juif à cause de son argent" supposé, tout en niant être antisémite, déclarait jeudi une source française proche de l'enquête. Selon la même source, le suspect se montre "coriace" pendant les interrogatoires et, même si il a avoué sa participation au meurtre d'Ilan Halimi, continue de minimiser son rôle dans l'affaire. Lors de son audition par la police ivoirienne, Fofana "a raconté comment il avait pris sa voiture pour emmener la victime et rejoindre ses amis dans les bois", raconte un policier. "Il a énuméré les noms des membres du groupe, dont plusieurs avaient des noms à consonance arabe. Il a également cité les noms de deux filles" et "reconnu avoir tué le type, employant même le mot égorgé, avant de revenir sur ce terme", selon ce policier. Il a également évoqué l'utilisation "d'acide" pour nettoyer les traces sur le corps de la victime.

Six gardes à vue à Paris

Six personnes étaient vendredi matin en garde à vue à Paris à la brigade criminelle, dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement et l'assassinat d'Ilan Halimi. Une de ces personnes a été interpellée vendredi matin. Les autres, interpellées mardi, sont depuis en prolongation de garde à vue. Elles doivent être déférées "dans les prochaines heures" devant les magistrats parisiens chargés de l'instruction. Parmi ces cinq personnes figurent les deux femmes et l'homme qui ont été arrêtés mardi à Aix-en-Provence et Marseille, selon la même source. La personne interpellée vendredi matin en région parisienne, a-t-on précisé, avait déjà été interrogée dans le cours de l'enquête et des "éléments nouveaux" ont amené les policiers de la brigade criminelle à l'interpeller de nouveau et à la placer en garde à vue. Jeudi, les parents d'un des mis en examen dans ce dossier ont été placés en garde à vue puis relâchés, a-t-on appris par ailleurs de même source. Au total, treize personnes ont été mises en examen dans cette affaire à Paris et onze d'entre elles ont été placées en détention provisoire.


le 24 février 2006 à 12:36
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