
L'enquête sur le meurtre du jeune Ilan Halimi s'est accélérée cette nuit. Youssouf Fofana a été interpellé dans la nuit par la police judiciaire ivoirienne, en compagnie de quatre personnes, trois hommes et une femme. L'audition du suspect par deux enquêteurs français et les policiers ivoiriens s'est poursuivie jeudi matin dans les locaux de la PJ dans le centre d'Abidjan. M. Fofana s'est montré "agité et peu coopératif".
Fofana a raconté le kidnapping
Selon les indications de deux policiers ivoiriens, Youssouf Fofana a reconnu sa participation au meurtre d'Ilan Halimi. Il a flanché au bout de quelques heures d'interrogatoires, avec la menace que ces proches interpellés (dont un demi-frère) pourraient être accusés de complicité. Au cours de son audition, "Youssouf Fofana a raconté comment il avait pris sa voiture pour emmener la victime et rejoindre ses amis dans les bois", a raconté un policier ivoirien qui a assisté à une partie de l'interrogatoire.
"Il a énuméré les noms des membres du groupe, dont plusieurs avaient des noms à consonnance arabe. Il a également cité les noms de deux filles". "A un moment du récit, en particulier quand il évoquait son arrivée dans les bois, il s'est tu. Puis après un long silence, il a reconnu avoir tué le type, employant même le mot égorgé, avant de revenir sur ce terme", a expliqué ce policier. M. Fofana a également évoqué l'utilisation "d'acide" pour nettoyer les traces sur le corps de la victime. Pendant toute la durée du kidnapping, les membres de la bande utilisaient un mot de passe pour dire qu'ils étaient avec la victime: "j'ai perdu mes clés", a révélé M. Fofana, toujours selon la même source.
Treize personnes interpellées
Douze personnes ont déjà été inculpées dans l'enquête sur ce crime qui a créé un vif émoi en France et dont la connotation antisémite a été évoquée par la justice française, puis confirmée mardi par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Deux femmes, mises en examen du chef de "non-dénonciation de crime", ont été mise en liberté sous contrôle judiciaire. Le parquet, qui avait requis le placement en détention des deux, a fait appel jeudi de la mise en liberté de l'une des deux.
La justice française avait lancé une commission rogatoire internationale à l'encontre de M. Fofana, Français d'origine ivoirienne. Celui-ci était arrivé mercredi 15 février en Côte d'Ivoire par un vol d'Air France. Deux enquêteurs français étaient arrivés mardi à Abidjan, où ils ont travaillé en étroite collaboration avec la police judiciaire ivoirienne, selon la source déjà citée. Le chef présumé du "gang des barbares" avait été repéré en plusieurs endroits par la police ivoirienne et leurs collègues français. Il avait notamment passé la nuit du 15 au 16 février dans un hôtel discret d'Abidjan, selon des sources concordantes. Il s'était inscrit sur le registre de l'établissement sous son vrai nom, indiquant sa date de naissance (le 02/08/1980), et sa nationalité française. Là, il avait passé la nuit avec une femme africaine et se comportait "tout à fait normalement, comme un client banal", selon ces mêmes sources. La police judiciaire ivoirienne avait ensuite pris contact avec la direction de l'hôtel, procédant à de nombreuses vérifications, avec notamment le registre des clients.
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