
Dominique de Villepin, ce week-end, s'est voulu rassurant dès son arrivée sur l'île de la Réunion. "Notre engagement est total en matière de prévention, de démoustication, en matière sanitaire pour apporter remède à tous ceux qui souffrent et bien sûr aussi pour regarder et défendre l'avenir, apporter des solutions dans le domaine économique" a-t-il affirmé.
"Je suis venu exprimer la solidarité de la nation toute entière à nos compatriotes réunionnais et réunionnaises, la solidarité du coeur bien sûr mais aussi la solidarité dans l'action", a poursuivi Dominique de Villepin. "L'action de l'Etat s'organise sur tous les fronts", a-t-il assuré.
Mesures économiques et sanitaires
Il a annoncé au total une aide de 76 millions d'euros pour La Réunion dans les domaines sanitaire, économique et scientifique, destinée à lutter contre l'épidémie de chikungunya. Cette enveloppe se décompose en 60 millions pour les entreprises, 7 millions d'euros pour l'aide sanitaire (dont 4 millions pour les produits anti-moustique et 3 millions pour les professionnels de santé) et 9 millions d'euros pour la recherche sur le chikungunya. Jean-Marie Le Guen, chargé des questions de santé au groupe PS à l'Assemblée nationale, s'est félicité de ces " engagements nouveaux".
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Concernant le volet sanitaire, Dominique de Villepin a annoncé, lors d'une réunion à la préfecture, que "pour protéger les personnes les plus vulnérables et les plus exposées, dès aujourd'hui jusqu'au 5 mars un nouveau lot de 300.000 doses de produit répulsif ou de protections contre les moustiques arrivera à La Réunion". Il a précisé que les personnes vulnérables étaient "les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes âgées ou les personnes en grande difficulté sociale" et a chiffré à 4 millions d'euros l'aide de l'Etat pour "assurer l'accès de tous à ces produits".
9 millions d'euros pour la recherche
Le Premier ministre a annoncé également le déblocage de "9 millions d'euros" pour financer "l'effort de recherche des organismes publics sur le chikungunya". Vendredi dernier, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a annoncé que 157.000 personnes étaient touchées par la maladie et que 77 étaient décédées. "J'ai voulu, a fait valoir M. de Villepin, que la réponse de l'Etat soit à la mesure de la gravité de la situation sanitaire telle que nous la constatons aujoud'hui". "Il ne doit y avoir aucun retard dans l'action de solidarité que la France tout entière doit à nos concitoyens réunionnais", a-t-il insisté.
Dans le domaine économique, Dominique de Villepin a annoncé que "le gouvernement était prêt aujourd'hui à mobiliser une enveloppe de 60 millions d'euros, à titre provisionnel, pour aider les acteurs économiques et notamment les petites entreprises à faire face aux pertes d'exploitation en relation directe avec l'épidémie". Lundi, à l'issue de sa visite, le Premier ministre a annoncé qu'il reviendrait "dans trois mois" dans l'île "pour vérifier l'efficacité des actions engagées" contre l'épidémie. Le ministre de l'Outre-mer François Baroin reviendra quant à lui "dans trois semaines", a déclaré le chef du gouvernement. Quant à Xavier Bertrand, ministre de la Santé, il "viendra en avril pour s'assurer de la mise en oeuvre des mesures sanitaires", et Léon Bertrand (Tourisme) "fera de même" pour son secteur, a ajouté le Premier ministre.
| Evaluer les actions |
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé mardi qu'une équipe d'experts allait se rendre à La Réunion puis à Maurice, à Madagascar et aux Seychelles touchées par l'épidémie. Les experts feront un bilan des actions entreprises par les autorités. Ils essaieront aussi "de voir si il n'est pas possible de créer une sorte de surveillance régionale du chikungunya dans l'Océan indien", selon une porte-parole de l'organisation. Et d'ajouter que les experts devront aussi "aider les pays à évaluer leurs capacités à contrôler cette épidémie". Le virus du chikungunya ("celui qui marche courbé" en swahili) provoque une forte fièvre (plus de 39°C), des éruptions cutanées, des courbatures dans les articulations, souvent celles des doigts et des genoux, obligeant le malade à se déplacer courbé, d'où le nom chikungunya. Il n'existe ni vaccin ni traitement préventif médicamenteux.
Dominique de Villepin ce matin à la Réunion. Image LCI
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