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"Nous savons tous que la justice française ne se résume pas à l'affaire d'Outreau ou plus généralement aux erreurs judiciaires". Ainsi s'exprime le ministre de la Justice, Pascal Clément, dans sa lettre envoyée, après le fiasco judiciaire d'Outreau, aux 7.000 magistrats de France. Une lettre dans laquelle il souligne que "la justice de qualité, il faut la montrer aux Français en ouvrant les juridictions et en expliquant votre travail".
Le ministre a précisé qu'il va prendre "dans les tout prochains jours des initiatives" dans ce domaine. "Les magistrats rendent chaque jour plusieurs milliers de décisions justes et équilibrées, prises au terme d'une procédure respectueuse des droits de la défense", a affirmé le ministre qui dit comprendre "le trouble et le malaise" de la profession après l'affaire d'Outreau.
Selon un sondage de l'institut CSA, réalisé les 25 et 26 janvier, près des deux tiers (65%) des Français déclarent qu'ils "auraient peur de la justice" s'ils devaient avoir affaire à elle.
Le courrier du ministre a également été adressé aux organisations syndicales. "C'est un geste à l'intention des magistrats mais il faut que les initiatives annoncées améliorent rapidement le fonctionnement de la justice au quotidien", a réagi l'Union syndicale des magistrats (majoritaire). Le syndicat de la magistrature (gauche) a dénoncé une "opération de marketing" du ministre, qui souhaite "démontrer l'indémontrable". "Nous sommes au contraire les acteurs et les spectateurs affligés d'une justice productiviste, de plus en plus oublieuse des droits de la défense, du respect de la personne humaine par un amoncellement de procédures expéditives qui privent le justiciable d'une justice de qualité", a ajouté le SM.
Photo d'ouverture : Pascal Clément sur le plateau du 20 heures, au soir de l'audition du juge Burgaud par la commission Outreau - DR
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