Mort d'un "poilu"

le 26 février 2006 à 20h47 , mis à jour le 26 février 2006 à 20h58

Il était l'un des six derniers survivants des tranchées de la Première Guerre mondiale : Ferdinand Gilson s'est éteint dimanche à l'âge de 107 ans.

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Ferdinand Gilson, décédé dimanche dans le Loiret où il vivait en famille, était l'un des six derniers "poilus" de la Première Guerre mondiale. Né à Champigny-sur-Marne, l'ancien poilu avait eu 107 ans le 20 octobre. Il se disait conscient de cet héritage, insistant pour "témoigner pour l'Histoire" lors d'un entretien avec l'AFP en novembre 2005.

"Des erreurs colossales. Des morts pour rien", s'emportait-il en évoquant la guerre qu'il découvrira à 19 ans, le 15 mars 1918, en arrivant sur le front en Belgique. "Deux camarades sont tués. J'ai pensé à maman; un jour les gendarmes viendront lui annoncer ma mort", racontait Ferdinand. Il écrira tous les jours à sa mère, même du fond des tranchées. Après un court passage dans l'infanterie, celui que ses copains surnommaient le "morpion" en raison de sa taille (1,63 m) sera ensuite muté dans l'artillerie où il combattra comme brigadier jusqu'à l'armistice.

"On mangeait la nuit pour éviter de voir les vers"

"J'ai l'ouïe fine et j'entendais le départ des obus. Je criais 'c'est pour notre gueule' et tout le monde se jetait à terre". Il évoquait la terre, la boue, les gaz, les tranchées, les morts, "un véritable enfer dont je suis sorti vivant", s'étonnait-il encore près de 90 ans après. Il mettra dix années avant de pouvoir en parler. "On mangeait la nuit pour éviter de voir les vers sur la viande et en se bouchant le nez. L'odeur était insupportable. Heureusement, il y avait le vin. Deux litres pour les jeunes, sept à neuf litres pour les plus âgés".

En août 1918, il est envoyé à Fontainebleau pour y suivre des cours d'officier. Il réchappe de justesse à la grippe espagnole, mais sera réformé en novembre 1919 après avoir été hospitalisé quatre mois et perdu 14 kg. Après un passage à Paris, il part s'installer dans l'Eure, où il monte sa petite fabrique de matrices et poinçons et rencontre sa femme. En 1940, Ferdinand Gilson qui refuse de travailler pour les Allemands, s'engage dans la Résistance, où il prend le nom de "gueule noire", parce qu'il travaille dans la mécanique. Il n'aimait pas trop en parler, mais il cachera quatre aviateurs américains et fabriquera dans ses ateliers des faux papiers qui permettront à des dizaines de jeunes d'éviter le STO (Service du travail obligatoire). En revanche, il était fier de sa Légion d'Honneur: "Je ne l'ai pas volée. J'y tiens".

Photo d'ouverture : Ferdinand Gilson - archives

le 26 février 2006 à 20:47
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9 Commentaires

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  • Cédric, le 27/02/2006 à 10h13

    Repose en paix Ferdinand

  • Totoch, le 27/02/2006 à 09h45

    Merci monsieur

  • GillesD, le 27/02/2006 à 09h44

    Merci Monsieur En ces temps de haine, de violence et de racisme, une petite proposition: chaque fois que vous passez devant un monument aux morts (et il y en a un dans chaque village ou quartier), arretez vous et respectez une minute de silence. Une minute. Chaque citoyen peut ainsi marquer son engagement pacifique et humaniste. Chaque citoyen, qu il soit blanc, noir, arabe, juif,... parce que les noms qui sont marques sur la pierre sont ceux de malheureux blancs, noirs, arabes, juifs, tombes cote a cote pour que nous ayons ce droit. Ensemble, nous pouvons nous reapproprier ces monuments de paix, qui sont au mieux oublies, au pire recuperes par l extreme droite. Ils sont a nous tous, parce qu ils sont nous tous.

  • Arnaud, le 27/02/2006 à 09h35

    Triste nouvelle. Quel enfer ces guerres. Faite que les français n'oublie pas, c'est notre devoir.

  • Pascal, le 27/02/2006 à 09h23

    Je ne suis pas de leur époque mais je pense que la France leur doit tout. Je suis pour une statue en leur mémoire jusqu'à la disparition du dernier poilus sur les Champs Elysées pour marquer les français, pour évoquer leur courage, leur sacrifice, notre liberté! Faisons et rendons un hommage plus qu'appuyé à nos sauveurs!!!!! Vive la liberté, vive la FRANCE!!!!

  • Nicolas, le 27/02/2006 à 09h03

    Un grand Merci et un grand coup de chapeau à Ferdinand. Je ne suis pas certain que beaucoup de jeunes agiraient comme ce Monsieur à l'heure actuelle... Allez en paix, la France se souviendra de vous...

  • Jean, le 27/02/2006 à 08h25

    N'oublions jamais ce que les poilus ont fait pour la France et pour nous tous.

  • Leo, le 27/02/2006 à 07h09

    Voila un brave.

  • Vastre, le 27/02/2006 à 05h50

    Même s'il s'agit d'annoncer leur mort, on préfère parler des poilus que des barbares. Hélas, il y a de moins en moins de poilus et de plus en plus de barbares. Honneur aux poilus !

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