Nouvelles demandes de sanction contre Georges Frêche

le 25 février 2006 à 15h27 , mis à jour le 25 février 2006 à 15h55

La vague d'indignation suscitée par les propos de l'élu socialiste sur les harkis ne semble pas prête de s'éteindre. Ancien ministre de l'Intérieur et fidèle de François Mitterrand, Philippe Marchand s'est mis en congé du PS faute de sanction contre Frêche. Une nouvelle manifestation a eu lieu samedi dans les Alpes-Maritimes.

Georges Frêche

Le "cas Georges Frêche" n'en finit pas de faire des remous. L'ancien ministre de l'Intérieur socialiste Philippe Marchand, considéré comme un fidèle de François Mitterrand, a annoncé samedi qu'il avait décidé de se retirer du Parti socialiste, faute de sanctions après les récents propos sur les harkis du président de la région Languedoc-Roussillon. "J'ai attendu vainement des réactions officielles du parti. Quand j'ai vu que le bureau national avait dit que l'incident était clos, j'ai décidé de me mettre en congé du PS", a indiqué Philippe Marchand. L'ancien ministre, aujourd'hui conseiller d'Etat, dont la décision a été révélée par le quotidien Sud-Ouest dans son édition de samedi, a ajouté : "tant que le PS n'aura pas sanctionné Frêche, je ne serai plus au PS". 

"Je suis entré au PS parce que c'est un parti qui défend les droits de l'Homme", a expliqué l'ancien député de Charente-Maritime et ancien président du conseil général de ce département, soulignant que si "Le Pen avait dit ça, on serait descendu dans la rue et on aurait eu raison". "J'ai téléphoné au secrétaire fédéral (de Charente-Maritime) pour lui faire part de ma décision, et je vais adresser un courrier aux instances du parti. J'ai présidé la commission nationale des conflits du PS pendant presque dix ans et je peux vous dire qu'on a sanctionné des gens pour moins que ça".

"Si Le Pen avait dit ça, on serait descendu dans la rue"

Cette demande de sanction était également, samedi, au coeur d'un nouveau rassemblement de protestation qui a réuni 300 personnes selon les organisateurs, 200 selon la gendarmerie, au Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes. Il s'agissait de "dénoncer et condamner Georges Frêche qui a insulté les harkis, ces combattants qui ont défendu les couleurs de la France", a souligné le collectif des Associations de harkis des Alpes-Maritimes, organisateur de cette manifestation.

Elus de droite, mais aussi du PS ont défilé pour marquer leur refus des propos de Georges Frêche. Les députés Lionel Luca (UMP) et Rudy Salles (UDF) ainsi que le socialiste Patrick Allemand, représentant Michel Vauzelle, président de la région Provence Alpes Côte d'Azur, étaient présents à la maifestation au cours de laquelle il a été procédé à deux dépôts de gerbes suivis de la sonnerie aux Morts. Des enfants de harkis ainsi qu'Ali Amrane, président du Collectif et membre du conseil national des Français musulmans rapatriés, ont réclamé la condamnation en justice pour "injures et propos discriminatoires" de Georges Frêche ainsi que sa démission de tous ses mandats électifs. "Dans l'histoire de l'humanité, seul Aldolf Hitler avait employé des propos aussi insultants", a souligné Ali Amrane.

le 25 février 2006 à 15:27
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