Outreau : Vallini défend le travail de la commission

le 21 février 2006 à 15h22 , mis à jour le 21 février 2006 à 15h30

Le président de la commission d'enquête parlementaire sur Outreau, André Vallini, a répondu mardi aux multiples attaques de la magistrature contre ses méthodes de travail. "Au lieu de redouter notre travail, les magistrats devraient s'en réjouir", a-t-il notamment déclaré.

[Expiré] [Expiré] Valini Houillon commission outreau AFP © AFP

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"Notre travail ne remet en cause ni l'indépendance de la justice ni la séparation des pouvoirs". En préambule à la reprise des travaux de la commission d'enquête parlementaire sur Outreau, son président, André Vallini, a tenu à faire une mise au point mardi après-midi après le déluge de critiques émanant des magistrats. "L'affaire d'Outreau est définitivement jugée et nous ne sommes pas là pour refaire ni son procès ni son instruction", a-t-il assuré, rappelant que l'objet de la commission était de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice et de formuler des propositions de réforme.

"Il nous appartient que cette première dans l'histoire parlementaire soit à la hauteur de l'attente suscitée par nos travaux, en continuant à travailler avec impartialité et avec objectivité", a-t-il souligné. "Une objectivité qui ne saurait empêcher ni la compassion que l'on peut ressentir à l'égard d'innocents trop longtemps emprisonnés, ni la compréhension que l'on doit avoir à l'égard de magistrats trop vite stigmatisés", a-t-il ajouté. "Au lieu de redouter notre travail, les magistrats doivent donc s'en réjouir car c'est une occasion sans précédent de donner à la justice toute la place qu'elle mérite dans le débat public", a-t-il fait valoir.

" Volonté sincère d'aider les magistrats "

Le Conseil supérieur de la magistrature la conférence des 35 premiers présidents de cour d'appel et les syndicats de magistrats ont dénoncé les conditions d'audition du juge Fabrice Burgaud et du procureur de Boulogne-sur-Mer Gérald Lesigne, estimant que la commission avait "outrepassé son rôle" en pointant notamment les erreurs des magistrats et en refaisant l'instruction de l'affaire. Evoquant la mauvaise image que "trop de Français" ont de la justice, ce qui est "dangereux" pour la démocratie", M. Vallini fait valoir qu'"en tant que représentants du peuple, au nom duquel la justice est rendue, nous avons le devoir de nous en préoccuper".

"Nous respectons le travail des magistrats et nous mesurons chaque jour davantage les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l'accomplissement d'un métier (...) qui est sans doute parmi les plus difficiles", a-t-il dit. "Ils doivent en retour se persuader de notre volonté sincère de les aider à toujours mieux servir la justice de notre pays", a-t-il conclu.

Photo : André Vallini, à gauche (archives)

le 21 février 2006 à 15:22
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