
"Après 35 ans de métier, vous allez m'obliger à prononcer un mot que je n'ai jamais voulu prononcer, c'est celui de maudire. Je vous maudis, Stéphane Krauth, pour ce que vous avez fait et, à travers moi, c'est la société qui vous maudit", a lancé Gilles Lucazeau, avocat général et procureur général de la cour d'appel de Nancy. "La prison la plus terrible qui soit pour vous, c'est celle que vous avez construite autour de vous en essayant de vous persuader de votre innocence", a-t-il ajouté.
Au fil des six jours d'audience, Stéphane Krauth n'a cessé d'affirmer avoir percuté accidentellement le vélo de la lycéenne le 22 juillet 2001 et ne l'avoir aspergée de gaz lacrymogène que pour éviter d'être identifié. Il a maintenu l'avoir fait monter dans son véhicule puis,constatant son décès, l'avoir emmenée dans une forêt des environs où il est revenu avec sa compagne pour brûler le corps.
"Un chasseur en quête de sa proie"
Une thèse inacceptable pour le procureur général. "La préméditation me paraît évidente" a déclaré Gilles Lucazeau pour expliquer ses réquisitions, qui correspondent précisément à la peine infligée à l'accusé en octobre 2004 par la cour d'assises de Moselle. "Vous êtes un chasseur en quête de votre proie" a-t-il lancé à l'adresse de Stéphane Krauth, décrivant un être "violent, froid, distant par rapport à l'affection".
Vendredi dernier, au premier jour de son procès à Nancy, Stéphane Krauth avait déclaré : "Certes je suis coupable de la mort de Karine, mais je ne l'ai pas tuée volontairement. Je ne l'ai pas violée. Si vous ne pouvez pas me pardonner, je peux vous comprendre". Il avait également à cette occasion demandé pardon à la famille Schaaff pour la mort de Karine.
Le verdict devrait être rendu dans la journée.
Photo: Stéphane Krauth DR
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