
Dominique de Villepin subit, selon des sondages convergents, une érosion notable de popularité, sur fond de bataille autour de la mesure-phare de son plan pour l'emploi des jeunes, le contesté Contrat première embauche (CPE). Le Premier ministre perd 9 points en un mois dans le baromètre mensuel IFOP publié par le Journal du Dimanche: le taux de Français contents ou mécontents de son action s'est à peu près inversé, les insatisfaits devenant majoritaires à 54% en février contre 45% en janvier. Les opinions positives passent à 43% contre 52% un mois avant.
Il s'agit du plus fort recul du chef de gouvernement dans la salve d'enquêtes d'opinion publiées en février. Tous cependant allaient dans le même sens, celui d'une décrue: -6 dans le baromètre IPSOS-Le Point jeudi, -6 aussi dans un IFOP-Paris-Match mardi, -5 dans une enquête LH2-Libération du 5 février. Un trou d'air qui touche aussi le "potentiel électoral" de Villepin: une perte de 5 points parmi les personnes jugeant sûr ou possible de voter pour lui au premier tour de la présidentielle, selon Ipsos-le Point. Et qui est d'autant plus visible de Nicolas Sarkozy, rival potentiel du Premier ministre dans la course UMP à l'Elysée, prospère avec un bonus de 3 points en termes de "potentiel électoral".
L'impact de la crise du CPE
Ces enquêtes d'opinion ont été conduites alors que se déroulait une mobilisation dans la rue et à l'Assemblée nationale contre le CPE, mesure sur laquelle le Premier ministre s'est directement et fortement engagé. Ce contrat pour jeunes travailleurs avait dans un premier temps été accueilli avec une faveur relative : 52% (CSA-L'Humanité) des personnes jugeant fin janvier que bien qu'accroissant la précarité, il pouvait favoriser la création d'emplois. Mais au fil des semaines, les opinions se sont durcies contre ce projet.
L'enquête IFOP-JDD a par ailleurs été lancée le jour même (9 février) de l'adoption sans vote de la loi Egalité des chances, grâce à l'article 49.3 de la Constitution, qui a donné à l'opposition de gauche et à l'UDF l'occasion de critiquer avec vigueur un "passage en force" de Villepin. Dans la foulée, le PS annonçait le dépôt de sa première motion de censure contre son gouvernment. Enfin le sondage s'est déroulé au plus fort de la crise du Clemenceau, dénouée mercredi par l'annonce du rapatriement du navire.
Le Premier ministre avait déjà connu un passage à vide dans l'opinion publique à l'automne, également sur fond de contestation sociale. Il avait repris des couleurs à la faveur de sa gestion de la crise des banlieues. Numéro un du PS, François Hollande a son explication: Dominique de Villepin, selon lui, "paie le prix de la fin du chiraquisme" dont "toute la droite est comptable".
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin - archives
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