
Jean-Pierre Treiber, principal suspect des assassinats de Géraldine Giraud et Katia Lherbier, Marie-Christine Van Kempen, la tante de Géraldine, et Patricia Darbeau, amie de Treiber, ont été confrontés vendredi pour la première fois au palais de justice de Sens - confrontation qui s'est poursuivie tardivement en soirée. Elle a eu lieu en présence d'une patronne de brasserie de Fontainebleau (Seine-et-Marne) qui dit avoir vu ces trois personnes attablées dans son établissement en octobre 2004, quelques jours avant la disparition des jeunes femmes.
"L'intérêt de cette journée est de savoir si oui ou non il y a eu cette rencontre", ce qui pourrait laisser penser à une "collusion" précédant les assassinats, a déclaré Sabine Cordesse, avocate des parents de Géraldine Giraud. La patronne de brasserie était accompagnée vendredi par un serveur dont le témoignage, moins précis, est allé dans le même sens que le sien. Ses déclarations, après des vérifications, avaient entraîné les mises en examen et placements sous écrou le 25 novembre de Mme Van Kempen pour "complicité d'assassinats" et de Mme Darbeau pour "recel d'escroquerie".
Un témoin "solide", selon les enquêteurs
Les avocats des trois mis en examen, qui protestent de leur innocence, n'attendaient pas de revirement de cette confrontation. Mme Van Kempen d'une part, Jean-Pierre Treiber et Patricia Darbeau d'autre part, ont à plusieurs reprises contesté ce rendez-vous à Fontainebleau et disent ne pas se connaître. Les conseils de la tante de Géraldine et de Mme Darbeau comptaient exploiter les "failles", selon eux, des déclarations de la gérante pour démontrer l'innocence de leurs clientes et demander leur remise en liberté. Ils considèrent que ce témoignage est "flou sur certains points, fantasque sur d'autres".
Les enquêteurs estiment en revanche que le témoin est "solide" et ont retrouvé le manteau qu'aurait porté Mme Van Kempen, décrit précisément par la gérante. Il se trouvait chez la mère de Géraldine, également soeur de Mme Van Kempen, à qui celle-ci empruntait régulièrement des vêtements. Par ailleurs, des traces importantes de chloroforme, produit de décomposition de la chloropicrine, le gaz toxique qui aurait tué la fille du comédien Roland Giraud et son amie Katia, ont été retrouvées dans la cave de la maison de Mme Van Kempen à Sens. Des voisins auraient aussi entendu des voix et des bruits sourds venant de la cave ou du grenier le soir de la disparition des jeunes femmes, le 1er novembre 2004.
De plus, un cheveu suspect a été découvert dans le grenier sur un bout de ruban adhésif du même type que celui qui aurait servi à bâillonner les victimes. Une famille portant cet ADN, qui employait Jean-Pierre Treiber, a été placée en garde à vue en novembre. Le fils était un des amis du suspect. Selon une source proche de l'enquête, Mme Van Kempen a fait plusieurs omissions et déclarations contradictoires depuis fin 2004. De surcroît, l'ambiance était tendue entre la tante et la nièce, qui lui aurait "piqué" une copine, sa colocatrice Katia Lherbier. "Il y a des éléments qui peuvent laisser penser à une implication, directe ou indirecte, de Mme Van Kempen dans ces homicides. Je ne sais pas à quel niveau", selon l'avocate des parents de Géraldine.
Photo d'ouverture : l'arrivée de Jean-Pierre Treiber pour être interrogé par le juge d'instruction à Sens - DR
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