© INTERNERachid Ramda, 35 ans, dit Abou Farès, a été extradé de Grande-Bretagne en décembre. Il avait fait l'objet d'une ordonnance de renvoi devant le tribunal en date du 5 février 1999 en même temps que 23 autres islamistes, soupçonnés d'avoir participé à la préparation des attentats. Au cours de ce premier procès, les trois principaux membres du réseau islamiste impliqué, Boualem Bensaïd, Smain Aït Ali Belkacem et Karim Koussa avaient été condamnés à 10 ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Procédure irrégulière
Mais la procédure de convocation de Ramda avait été déclarée irrégulière par le tribunal qui n'avait donc pas pu le juger. Rachid Ramda avait à l'époque fait l'objet d'une citation à un parquet étranger (en l'occurence la Grande-Bretagne) alors qu'il aurait dû faire l'objet d'une citation à sa dernière adresse connue, c'est-à-dire son centre de détention britannique.
Le procès correctionnel qui a débuté lundi après-midi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel, ne doit viser que les actes préparatoires aux attentats et le soutien logistique apporté aux poseurs de bombes.
"Un intellectuel de la mouvance islamiste"
Ramda est par ailleurs poursuivi dans le cadre d'une procédure criminelle portant sur trois attentats perpétrés dans le métro à Paris en 1995 (Saint-Michel, Musée d'Orsay et Maison Blanche: 8 morts et 200 blessés au total) qui, comme pour les autres membres du réseau islamiste impliqués dans les attentats de 1995, peut le conduire à être renvoyé devant la cour d'assises de Paris.
Considéré comme étant un "intellectuel" de la mouvance islamiste algérienne radicale, Ramda est accusé par les autorités françaises d'avoir financé - entre autres - la série d'attentats. Il avait été arrêté en Grande-Bretagne le 4 novembre 1995 et placé sous écrou extraditionnel à la prison de Belmarsh, au sud de Londres, où sont détenus la plupart des suspects d'actes liés au terrorisme. Malgré l'insistance de Paris à obtenir son retour, il avait jusque-là réussi à éviter son extradition en utilisant les recours offerts par une ancienne loi britannique.
Demande de remise en liberté
Son avocat Me Guillaume Barbe a indiqué qu'il allait former plusieurs demandes devant le tribunal, dès le début de l'audience. Tout d'abord d'une demande de renvoi, compte tenu de l'enquête en cours de l'IGPN (la police des polices) sur les conditions des auditions de Boualem Bensaïd, dont certaines sont à charge pour son client. Il compte aussi faire une demande de remise en liberté pour Rachid Ramda qui "a déjà purgé le maximum de la peine qu'il encourt", c'est-à-dire 10 ans d'emprisonnement. Au cas où les deux premières demandes seraient rejetées, Me Barbe a indiqué qu'il en formerait une troisième, sous la forme d'une requête en nullité des auditions de Boualem Bensaïd.
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