© INTERNE"Aujourd'hui, je suis condamné aux yeux de la presse, du gouvernement français". L'islamiste algérien Rachid Ramda a annoncé lundi au président du tribunal correctionnel de Paris, devant lequel il comparaît pour sa participation présumée à la préparation des attentats de 1995 en France, qu'il ne participerait plus à ce "procès scandaleux".
Rachid Ramda, 36 ans, a pris la parole à la fin de la première audience de son procès devant la 16e chambre correctionnelle pour une longue déclaration en français, au terme de laquelle il a demandé au président Jean-Claude Kross d'avoir "la permission de rester dans (sa) prison". "Je proteste de mon innocence totale" et "je n'ai rien à voir avec les attentats" de 1995, a d'abord déclaré le prévenu, accusé de les avoir financés, qui a exprimé sa "sympathie aux victimes, à leurs familles". "Je ne souhaite pas participer à ce procès, je le considère comme un procès scandaleux. Il n'y a pas de justice aujourd'hui", a dit Rachid Ramda, qui a demandé à ses avocats de ne plus le défendre non plus.
Quand un livre joue le grain de sable
Un peu plus tôt, à l'ouverture du procès, l'avocat avait demandé un renvoi. Et d'invoquer l'enquête administrative sur le contre-terrorisme français ouverte à la suite de la parution de "Place Beauvau". Le bouquin contient des témoignages accusant les policiers de tortures sur des suspects dans les enquêtes sur les attentats de 1995.
"Avez-vous la possibilité de juger Rachid Ramda sans connaître les conclusions de l'enquête diligentée ?", a demandé Me Benoît Dietsch qui demande aux magistrats d'attendre avant de statuer. Mais les parties civiles ne sont pas du même avis. L'avocat de l'association SOS Attentats, Me Georges Holleaux, a demandé le rejet de la demande, comme le procureur Jean-Michel Bourles. "C'est un dossier où il y a abondance de preuves matérielles", a fait valoir Me Holleaux.
Le procès correctionnel, pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" prévu jusqu'au 22 mars devant la 16e chambre correctionnelle, doit permettre de juger les actes préparatoires aux attentats et le soutien logistique apporté aux poseurs de bombes. Considéré comme un "intellectuel" de la mouvance islamiste algérienne radicale, Ramda est accusé d'avoir financé la série d'attentats commis dans le métro à Paris en 1995 qui avait fait 8 morts et 200 blessés.
D'après AFP
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