
La publication de deux bons sondages l'a sans doute confirmé dans sa stratégie : Nicolas Sarkozy a affiché jeudi sur LCI pendant une heure et demie sa volonté de " rupture et d'authenticité " dans la bataille présidentielle de 2007. Invité de l'émission "Questions qui fâchent", le président de l'UMP a estimé tout d'abord que la complémentarité ne marchait "pas si mal" avec Dominique de Villepin, à quinze mois de l'élection. Aux dires du ministre de l'Intérieur, avec le Premier ministre, "nous veillons à ne jamais prononcer des mots qui rendraient impossible la réconciliation de l'ensemble". "On fait l'exact contraire de ce qu'on voit faire les socialistes, c'est-à-dire qu'on sait parfaitement que, quel soit le cas de figure, on aura besoin de tout le monde et notamment de l'autre", a assuré Nicolas Sarkozy. "Je ne dis pas qu'il n'arrive pas qu'il y ait des petites vacheries mais on veille à ce que cette diversité reste dans des limites qui font que la politique se gagne par des additions et non pas par des soustractions. Cela demande de la maîtrise ça demande du sang froid, un peu d'expérience et pour l'instant ça ne marche pas si mal", a-t-il estimé.
Le ministre de l'Intérieur a expliqué que, dans l'hypothèse de sa candidature, il n'envisageait pas de quitter son poste avant janvier 2007. "J'ai fixé un calendrier. Le débat aura lieu, se focalisera en janvier 2007 et il faudra être candidat quelque part aux alentours d'octobre 2006. D'ici-là je fais mon travail", a-t-il expliqué.
Le CPE, "seule solution possible"
Le patron de l'UMP a voulu apporter un soutien appuyé au "contrat première embauche" créé par Dominique de Villepin et décrié par l'opposition, les syndicats et les organisations de lycéens. Il en a cependant profité pour faire un petit rappel historique aux Chiraquiens. Pas question de rejouer la scission de la droite, comme ce fut le cas en 1994 lors de la création, par Edouard Balladur, du CIP pour les jeunes, a-t-il expliqué. "Une partie de la majorité de l'époque avait comme préoccupation de voir Edouard Balladur descendre du piédestal où les sondages l'avaient mis", a rappelé Nicolas Sarkozy, qui avait fait campagne pour le Premier ministre contre Jacques Chirac quelques mois plus tard. "Je pourrais jouer le même jeu, je ne le veux pas. Je ne m'allierai pas à une partie de la gauche", a-t-il insisté. Créer le CPE "en faveur des jeunes, moderniser maintenant, c'est la seule solution possible", a-t-il estimé.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé qu' "un premier" ressortissant étranger impliqué dans les violences en banlieue en novembre "avait pris l'avion aujourd'hui" en direction du Mali et que "six autres sont prêts à suivre". Il s'agit d'un jeune homme de 22 ans, condamné en novembre à une peine de 4 mois de prison avec sursis assortie de 3 ans d'interdiction du territoire français par le tribunal de grande instance de Bobigny, pour "avoir participé aux émeutes avec notamment usage d'engins incendiaire". Nicolas Sarkozy a ajouté que pour les six autres ressortissants étrangers, "les procédures étaient un peu longues".
Tout au long de l'émission, le patron de l'UMP a démontré que la rivalité présidentielle avec Dominique de Villepin n'entamait pas sa détermination. "J'ai choisi de faire l'Himalaya au mois de décembre, par la face Nord. Alors je ne vais pas (...) dire 'vous savez c'est dur, il fait froid'", a-t-il plaisanté
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