
Elle fait désormais partie des grandes pointures du paysage politique français. Mais Ségolène Royal, en visite vendredi au salon de la mode internationale de la chaussure à Paris, refuse que ses adversaires hors ou dans son parti, voire les médias, lui dictent ses choix. En particulier sur une candidature à l'investiture socialiste pour la présidentielle. "Je m'exprimerai le moment venu et, a-t-elle appuyé, de la façon que je choisirai d'adopter".
La présidente de la région Poitou-Charentes dit observer "ce qui se passe". "Si le moment venu, il faut être prête, je serai prête. Si c'est quelqu'un d'autre, ce sera quelqu'un d'autre, il y a plusieurs talents au PS". "Je n'ai pas l'intention d'improviser, ni de me disperser ou (...) d'anticiper les étapes (...) Je reste très sereine et garde la tête froide, un sondage ne fait pas une élection", a-t-elle assuré vendredi. Un sondage dans Marianne la donne gagnante à la présidentielle face à Sarokzy, d'autres au coude à coude avec le ministre de l'Intérieur. "Les électeurs sont libres, jusqu'au bout. Je veux respecter les Français et ne pas prendre la grosse tête, surtout", a-t-elle poursuivi.
"J'ai vu beaucoup d'arrogance"
Pas question de lui dire quand parler. Pas question de lui dire de se taire. Elle trouve des vertus au modèle britannique ? Et alors ?, répond-t-elle, "certains ont tort en France de caricaturer. Je n'oublie pas que Tony Blair a gagné les jeux Olympiques et que nous les avons perdus". "Dans les dossiers français, j'ai vu beaucoup d'arrogance et peut-être une vision passéiste de ce qu'est la France. Blair a été beaucoup plus offensif sur l'identité multiculturelle du Royaume-Uni", a-t-elle soutenu. Le maire de Paris Bertrand Delanoë appréciera.
Plus consensuelle : "Il faut faire que les valeurs humaines l'emportent toujours sur les valeurs financières ou matérielles", plaide-t-elle. Ou encore : "Il faut avoir les pieds bien plantés sur terre. Plus on a des racines profondes, plus on peut s'élever vers le ciel". Et enfin, dans un exercice plus attendu, concernant le Contrat de première embauche (CPE) : "Le gouvernement Villepin a agi par pure idéologie libérale. Il met en avant les valeurs financières avant les valeurs humaines", a-t-elle dit.
(Image LCI : Ségolène Royal au Salon de la chaussure à Paris)
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