
Au pied des immeubles beiges de 10 à 15 étages, des jeunes observent d'un oeil hostile les allées et venues des journalistes. Jean-Michel Benet, un voisin qui connaît bien la famille du leader présumé, n'en revient toujours pas : "On est sur le cul", lâche-t-il. Selon lui, "c'était un jeune homme ordinaire, en jeans et baskets, bonjour, au revoir, c'est tout. Je connais bien sa mère, elle est super gentille. Comme ils sont musulmans, au moment de l'Aïd-el-Kébir, ils nous donnent toujours des gâteaux". "J'ai entendu parler de l'histoire des enlèvements, mais je n'aurais jamais pensé que c'était lui. Je ne l'aurais jamais imaginé comme chef de gang. Ca fait froid dans le dos. Je le voyais souvent se balader. Il allait à la cabine téléphonique, derrière l'immeuble. Il était toujours seul", ajoute-t-il.
"Quelqu'un de gentil"
La famille du suspect refuse d'ouvrir aux journalistes, mais une de ses soeurs accepte de répondre à quelques questions derrière la porte close. Sait-elle où se trouve son frère? Non. "Je ne l'ai pas vu depuis deux semaines. Il n'a pas téléphoné". Que lui inspirent ses méfaits présumés? Elle se dit "très surprise", décrivant son frère comme "quelqu'un de gentil". "Il ne m'a rien dit quand il est parti. Je ne me suis pas posée de questions", poursuit-elle, avant d'être interrompue par sa mère. "Laissez-moi tranquille", crie cette dernière entre deux sanglots. "Je ne parle pas. Je ne sais rien. Laissez-moi tranquille, je suis malade!", poursuit-elle.
"Ici c'est la merde"
Dans une rue de la cité, Malik, 24 ans, rencontrait souvent un complice présumé du leader, lui aussi en fuite: "C'est un jeune (de 22 ans, ndlr) avec qui on discute parfois. Il n'avait pas l'air violent". "Souvent, on joue au foot ensemble au pied des immeubles. Des fois, on chahute un peu le soir. Mais je n'aurais jamais pensé qu'un jour, il serait dans ce genre d'histoires", conclut Malik.
Excédé, un habitant de la cité, ayant requis l'anonymat, suit du regard le ballet des journalistes : "On va encore croire qu'il n'y a que des oufs (des fous, ndlr) en banlieue. Mais venez vivre ici quelques jours, vous comprendrez. Ici c'est la merde".
(D'après AFP)
Photo: cité de Bagneux (Hauts-de-Seine)
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