© TF1Marie-Christine Van Kempen, la tante de Géraldine Giraud, assassinée avec son amie Katia Lherbier en novembre 2004, a été remise en liberté lundi après trois mois de détention provisoire et reste mise en examen pour "complicité d'assassinat", a-t-on appris auprès de son avocat. Patricia Darbeaud, l'amie de Jean-Pierre Treiber, principal suspect des assassinats, elle-même mise en examen pour "recel d'escroquerie", a également été libérée dans l'après-midi, a indiqué son avocate.
Les deux femmes avaient été mises en examen et écrouées le 25 novembre dernier à la suite du témoignage d'une gérante de brasserie de Fontainebleau (Seine-et-Marne), qui avait déclaré les avoir vues attablées avec M. Treiber dans la seconde quinzaine de novembre 2004. Une confrontation générale avec cette gérante le 17 février avait fragilisé ce témoignage. Les avocats des deux femmes avaient déposé dans la foulée des demandes de remise en liberté. Ils ont fait part de la "satisfaction" de leurs clientes.
Pas blanchies
"Ces remises en liberté sont inadmissibles dès lors qu'il reste de nombreux éléments à vérifier et que de lourdes charges pèsent contre Mme Van Kempen", a en revanche estimé Sabine Cordesse, avocate du comédien Roland Giraud et de Maaïke Jansen, les parents de Géraldine Giraud. "Le juge d'instruction instruit à charge et à décharge. Il a estimé que les maintiens en détention ne s'imposaient plus, les charges étant sujettes à caution. Cela ne veut pas dire que Mme Van Kempen et Mme Darbeaud sont blanchies", a noté Gérard Geneste, avocat des parents de Katia Lherbier.
Des traces importantes de chloroforme, produit de décomposition de la chloropicrine, le gaz toxique qui aurait tué Géraldine et Katia, ont été retrouvées dans la cave de la maison de Mme Van Kempen à Sens. Des voisins auraient aussi entendu des voix et des bruits sourds venant de la cave ou du grenier le soir de la disparition des jeunes femmes, le 1er novembre 2004.
Plusieurs omissions
De plus, un cheveu suspect a été découvert dans le grenier sur un bout de ruban adhésif du même type que celui qui aurait servi à bâillonner les victimes. L'ADN du cheveu s'est avéré correspondre à celui d'une famille entière. La famille, qui employait M. Treiber, a été placée en garde à vue en novembre. Le fils était un des amis du suspect.
Selon une source proche de l'enquête, Mme Van Kempen a fait plusieurs omissions et déclarations contradictoires depuis fin 2004. De surcroît, l'ambiance était tendue entre la tante et la nièce, qui lui aurait "piqué" une copine, sa colocatrice Katia Lherbier.
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