Trois médecins jugés pour une appendicectomie mortelle

le 01 février 2006 à 14h03 , mis à jour le 01 février 2006 à 14h13

Trois médecins comparaissent mercredi à Toulouse pour "homicide involontaire" après le décès d'une fillette de 9 ans après une banale opération de l'appendicite.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Le procès de trois médecins de Carcassonne, poursuivis pour homicide involontaire par les parents d'une petite fille de 9 ans décédée d'hémorragie interne après une banale opération de l'appendicite, s'est ouvert mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Toulouse. M. et Mme Birembaux, eux-mêmes médecins, se sont fondés sur les résultats sévères d'une expertise civile contradictoire pour faire comparaître directement devant le tribunal correctionnel le chirurgien, l'anesthésiste et le radiologue, qui avaient opéré et suivi leur fille Amélie le 3 septembre 2004 à la clinique Montréal de Carcassonne, jusqu'à son transfert à l'hôpital Purpan de Toulouse où elle décédait peu après minuit. Cette démarche, moins courante qu'une plainte débouchant sur une enquête et  un éventuel procès, a "le mérite de la clarté et de la rapidité", ont expliqué  Xavier et Caroline Birembaux et leur avocat Me Paul-Albert Iweins avant  l'audience. Me Georges Lacoeuilhe, l'avocat du chirurgien Patrick Cohen, a en revanche  estimé que cette procédure n'était "pas la plus adéquate" et a demandé un  "supplément d'information".

La présidente du tribunal a procédé mercredi matin à l'interrogatoire des  personnes poursuivies en s'appuyant sur le rapport des experts. "Tout au long de la journée (...), les docteurs (...) se sont rassurés et n'ont pas pris en compte l'importance de la déglobulisation(...) qui imposait une ré-intervention chirurgicale dans les plus brefs délais", selon ce rapport,  alors que l'enfant, opérée à 08h30 montrait des analyses sanguines alarmantes et avait fait un malaise dès 15 heures. Le rapport reproche notamment au chirurgien un mode opératoire risqué chez un enfant, à l'anesthésiste d'avoir sous-estimé son état et au radiologue d'avoir mis trois heures pour déceler un "saignement actif" sur un scanner. Le chirurgien et l'anesthésiste Jean-Pierre Gounelle n'ont pas reconnu de  faute professionnelle justifiant des poursuites pénales, tandis que le radiologue expliquait son attitude par la confiance entre les parties y compris le père d'Amélie, lui-même pédiatre réanimateur dans le même établissement. "Je reconnais ma faute, mais cela ne serait sans doute pas arrivé avec une inconnue", a expliqué M. Bernier.

Réquisitoire et plaidoiries étaient attendus mercredi après-midi.

le 01 février 2006 à 14:03
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3 Commentaires

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  • Michel, le 01/02/2006 à 16h15

    Je ne comprends pas le radiologue M.Bernier qui dit qe ca ne se serait pas produit avec une inconnue. Bien que les cordonniers soient les plus mal chaussés, cela veut-il dire que quand les parents sont médecins et travaillent avec vous on fait moins attention à la santé et donc à la vie de son patient ?

  • Patrick, le 01/02/2006 à 16h03

    Bonjour, j'espere qu'ils seront lourdement condamnes et qu'ils seront interdits d'exercer. leurs biens doivent être saisis pour indemniser les parents.

  • Nicni63, le 01/02/2006 à 15h53

    Ben voyons, depuis quand un acte chirurgical est-il banal, aussi courant soit-il? Fréquent peut-être, mais toujours risqué. Je partage la tristesse des parents, vraiment, mais en quoi cela fera-t-il revenir leur enfant? De plus, ce n'est pas à une personne sans emploi que cela risque d'arriver car apparemment seuls les gens actifs et responsables de leur actes sont en permanence sur la sellette. Chapeau bas au radiologue qui ne baisse pas son pantalon et accepte de porter les responsabilités. J'espère que si les parents touchent un chèque à l'issue d'un tel procès, ils ne partiront pas en vacances avec...

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