Villepin pour un "nouveau pacte social"

le 21 février 2006 à 19h38 , mis à jour le 22 février 2006 à 08h45

Lors d'un débat à l'Assemblée sur la motion de censure -rejetée sans surprise- déposée par le PS contre sa politique sociale, le Premier ministre a déclaré qu'il ouvrirait "dans les prochaines semaines" la "troisième étape" de sa "bataille" pour l'emploi.

Dominique de Villepin

L'Assemblée nationale a rejeté mardi la deuxième motion de censure déposée par le PS contre la politique sociale du gouvernement Villepin et en particulier le CPE, à l'issue d'un débat où le Premier ministre a dû affronter une gauche offensive qui lui a donné rendez-vous en 2007.

Cette motion de censure, qui n'a recueilli que 178 voix PS, PCF, Verts et PRG (majorité de 289 voix requise), a été déposée par les socialistes après l'utilisation par Dominique de Villepin de l'article 49.3 de la Constitution qui a permis l'adoption sans vote à l'Assemblée du projet de loi pour l'égalité des chances qui instaure le contrat première embauche (CPE).

Suspension de séance

Après une séance des questions au gouvernement si houleuse que le président de l'Assemblée Jean-Louis Debré a dû la suspendre, c'est le Premier secrétaire du PS, François Hollande, qui est monté à la tribune pour mener la charge contre Dominique de Villepin.

Dans une ambiance redevenue calme, M. Hollande a dénoncé le CPE, "arme de destruction du contrat à durée indéterminée", qui "n'est pas réservé à quelques-uns mais prévu pour tous". Face à un Premier ministre affaibli par une chute de popularité dans les derniers sondages et une mobilisation étudiante qui ne désarme pas, il l'a accusé de "ne pas dire la vérité aux jeunes" mais aussi de "craindre la démocratie" et de manifester "un mépris du Parlement".

Donnant rendez-vous à M. Villepin en 2007, il lui a opposé le projet socialiste "fondé sur les sécurités professionnelles" et proposé d'ouvrir "une grande négociation avec les partenaires sociaux sur le contrat de travail".

Dans un discours fourre-tout, le Premier ministre a longuement repris les arguments déjà développés en faveur du CPE, un contrat qui "ouvrira à tous les jeunes les portes de l'emploi". Il a assuré qu'il voulait "construire" avec les Français "un nouveau pacte social", qui serait "plus moderne, plus équitable, plus juste".

"Le progrès social, ce n'est pas la photographie nostalgique du passé", a-t-il lancé à la gauche. M. de Villepin a promis d'ouvrir "dans les prochaines semaines" la "troisième étape" de sa "bataille" pour l'emploi. "Ce sera une étape d'approfondissement, une étape de la concertation et de dialogue qui abordera tous les sujets utiles", a-t-il dit sans préciser si la réforme du contrat de travail en ferait partie.

Les syndicats, étudiants et lycéens craignent que le CPE, réservé aux jeunes, soit étendu à tous les salariés et appellent à une journée nationale d'action le 7 mars.

"Le bilan calamiteux"

Le président de l'UDF, François Bayrou, a réaffirmé sa condamnation du CPE mais sans apporter son soutien à la motion de censure socialiste. "Dans une France qui se déchire, sur la couleur de la peau, sur la religion, sur les conditions sociales, dans cette France des fractures, on invente encore une fracture supplémentaire", a-t-il dit.

Le président du groupe PCF, Alain Bocquet, a appelé Dominique de Villepin à retirer le CPE et le Contrat nouvelle embauche (CNE) et dénoncé le "bilan calamiteux" des quatre années de gestion de la droite. Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a accusé en retour les socialistes de ne pas avoir "d'alternative crédible" et de se lancer dans une "manoeuvre politicienne".

Le débat sur la motion de censure permet à l'opposition de maintenir la pression contre le CPE avant le passage au Sénat du projet de loi, à partir de jeudi et jusqu'au 3 mars. (AFP)

le 21 février 2006 à 19:38
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4 Commentaires

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  • X, le 22/02/2006 à 09h58

    Il y a patron et patron,je peux vous dire que même ceux qui pronnent l'interêt des ouvriers, des jeunes ect favorisent et de loin les cadres. Alors messieurs les politiques, balayez devant votre porte avant de critiquer systémathiquement toute loi.

  • Ingrid, le 21/02/2006 à 21h22

    ça me fait rire parce que le CPE il est justement pour les jeunes, pour les aider, franchement je vois quel intérêt aurait le gouvernement à souhaiter enfermer les jeunes dans la précarité, réfléchissez. Peut-être que il est pas sans défauts le CPE, mais pour l'instant c'est le meilleure (vu que c'est le seul) projet proposé pour aider les jeunes.

  • Bernard, le 21/02/2006 à 21h10

    "Le projet socialiste" ? Quel projet socialiste ? Où est-il ? Que dit-il ?

  • Alain, le 21/02/2006 à 20h10

    C'est encore un grand pas de plus sur l'incertitude et la précarité pour les jeunes diplômés, l’élite de demain ! Une véritable aubaine pour les patrons, on prend… et on jette…Du PQ. Arrêtez de vous cacher derrière le 49-3 Monsieur de Villepin ! Madame Parisot peut se réjouir, continuez votre casse sociale en écrasant les bouffons! Les petits, mais attention au retour de bâton…

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