© DRLe violeur présumé de la fillette de 10 ans et demi, enlevée le 26 janvier aux Mureaux (Yvelines), a été mis en examen mercredi à Versailles et écroué, et il devait être entendu prochainement dans d'autres affaires d'enlèvements de fillettes dans la région. Il a été écroué mercredi après-midi à la prison de Bois d'Arcy (Yvelines) après son passage chez un juge des libertés et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions du parquet. Au terme de près de 48 heures de garde à vue, Kamel Tahar, 26 ans, qui niait l'enlèvement et le viol à deux reprises de la fillette, a finalement avoué dans la nuit de mardi à mercredi, a annoncé lors d'une conférence de presse le procureur de la République de Versailles, Yves Colleu.
Mercredi matin, l'homme a été mis en examen pour "enlèvement, séquestration et viols sur mineur de quinze ans", selon le procureur. Avant même ses aveux, il avait été confondu par son empreinte génétique, semblable à celle prélevée sur le corps de la victime. Sa voiture était par ailleurs du même type que celle décrite par l'enfant. Une victime dont le procureur a souligné "le courage" et "l'honnêteté intellectuelle": appelée à reconnaître son agresseur derrière une glace sans tain, elle avait hésité entre deux hommes, dont son violeur, avouant "je ne suis pas sre".
De son côté, le directeur de la police judiciaire de Versailles, Jean Espitalier, qui accompagnait M. Colleu, a dressé un portrait du violeur présumé, un Algérien qui a passé toute son enfance en Algérie et qui est arrivé en France en 2001 avant de s'installer en 2003 aux Mureaux avec son épouse et leur fille aujourd'hui âgée de 18 mois. Il n'était pas connu des services de police et présente un casier judiciaire vierge. Pour M. Espitalier, l'homme est "un prédateur qui fréquentait un bar aux Mureaux à proximité d'une école", s'intéressant "aux petites filles qui sortaient" de l'établissement.
Son épouse, placée en garde à vue avant d'être libérée mardi soir, n'était pas au courant de ses agissements. "Il lui mentait très régulièrement", a affirmé M. Espitalier. Les enquêteurs vont désormais chercher une éventuelle implication du suspect dans d'autres enlèvements ou tentatives, ces derniers mois dans la région des Mureaux. Il devra par exemple s'expliquer prochainement sur son emploi du temps le 8 octobre, jour o une fillette de 8 ans a été abordée par un homme qui l'a enlevée dans un sac de sport avant de la redéposer deux heures plus tard. Lors de cette affaire, Kamel Tahar avait été entendu par la police puis mis hors de cause après avoir fourni un alibi.
Comme c'est à chaque fois le cas quand l'auteur d'un enlèvement ou du viol d'un enfant est arrêté, l'homme a été entendu par la cellule de la police judiciaire de Versailles en charge de l'enquête sur la disparition de la jeune Estelle Mouzin, en janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Selon M. Espitalier, il a "fourni un certain nombre d'explications qui vont nous permettre de vérifier si ce jour là, il était en Seine-et-Marne ou en relation avec des personnes en Seine-et-Marne".
(Photo : le portrait-robot du principal suspect diffusé par la police)
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