
Au total, entre 247 000 et 500 000 personnes ont manifesté jeudi dans toute la France contre le CPE. Et comme le craignait à la fois les organisateurs des défilés et les autorités, des casseurs se sont invités dans les cortèges.
En province, les heurts les plus violents ont été signalés à Rennes. A Paris, les premiers incidents se sont déroulés en fin d'après-midi lors de l'arrivée du cortège à sa destination, au métro Sèvres-Babylone.
Mais des affrontements beaucoup plus violents -voitures brûlées, vitrines brisées, cocktails molotov- ont eu lieu dans la soirée dans le Quartier Latin, près de la Sorbonne. Ils ont mis aux prises plusieurs centaines de personnes aux CRS et aux gendarmes mobiles mobilisés pour l'occasion. Selon le préfet de police de Paris, 46 gendarmes et CRS ont été blessés.
Sarkozy : "des voyous venus casser du policier"
Nicolas Sarkozy, qui a rendu visite en soirée à ses troupes de la caserne des Célestins, dans le IVe arrondissement, a tenu à faire la distinction entre les manifestants et les casseurs. "Il y a eu quelques centaines de délinquants qui venaient pour en découdre. Il y avait là-dedans de l'extrême gauche, des anarchistes qui venaient vraiment pour casser du policier et du gendarme, de l'extrême droite, des hooligans et des voyous d'un certain nombre de quartiers", a-t-il affirmé. "Les forces de l'ordre ne sont intervenues que lorsque les manifestants, les jeunes, étaient rentrés chez eux afin de ne pas avoir à charger les voyous au milieu de lycéens et d'étudiants", a-t-il expliqué.
Au total, toujours selon le ministre de l'Intérieur, environ 300 personnes ont été interpellées dans l'Hexagone, dont 187 à Paris. "J'espère que tous ceux qu'on a arrêtés, la justice va les punir sévèrement", a conclu Nicolas Sarkozy. Vendredi matin, 104 faisaient l'objet d'une procédure judiciaire et 77 étaient toujours en garde à vue dans la capitale.
D'après une source policière, le responsable du Front National Jeunesse, Alexandre Ayroulet, et d'autres leaders du mouvement figuraient parmi les interpellés, ainsi que des membres de groupscules d'extrême-droite, dont des "identitaires", émanation d'Unité radicale.
Des consignes de "fermeté" |
Le ministre de la Justice, Pascal Clément, a donné vendredi des consignes de "fermeté" aux procureurs. "La liberté de manifester n'est pas celle de casser, ni celle de s'en prendre aux forces de l'ordre", a affirmé le garde des Sceaux au cours d'une réunion avec les procureurs généraux, à la Chancellerie à Paris. "Ces violences et ces dégradations sont inadmissibles" et "doivent être sanctionnées avec fermeté et ces sanctions doivent être rapides pour être exemplaires", a ajouté M. Clément. Le ministre a souhaité "à chaque fois que c'est possible" que les auteurs de violences fassent l'objet de procédures de comparution immédiate. Il a invité les représentants du parquet à faire appel "lorsque les réquisitions fermes qu'ils prendront à l'audience ne seront pas suivies". |
(Photo : Nicolas Sarkozy lors de sa visite à la caserne des Célestins - LCI)
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