Un ancien ministre UMP demande la suspension du CPE

le 08 mars 2006 à 19h24 , mis à jour le 09 mars 2006 à 07h57

Hervé de Charette, député UMP du Maine-et-Loire et proche de Nicolas Sarkozy, propose l'ouverture d'un dialogue avec les jeunes et les syndicats. "L'orgueil serait un mauvais conseiller", dit-il dans Le Parisien de jeudi.

Charette

Alors que la contestation contre le CPE grandit dans l'opinion, il est le premier député UMP à prendre ouvertement cette position. Hervé de Charette, un proche de Nicolas Sarkozy, demande en effet la suspension du Contrat première embauche et l'ouverture d'un dialogue, faute de quoi l'UMP risquerait de perdre l'élection présidentielle. "Devant les tensions et les incompréhensions qui s'expriment dans toute la société, je crois, comme on dit au foot, qu'il faut mettre le pied sur le ballon", déclare Hervé de Charette dans une interview au Parisien de jeudi.

"En clair, il faut suspendre le projet du CPE et ouvrir la porte au dialogue avec les jeunes, les syndicats et bien entendu les groupes parlementaires", ajoute le député. "L'humilité impose aujourd'hui de donner enfin la priorité à l'écoute. L'orgueil serait un mauvais conseiller", dit encore l'ancien ministre des Affaires étrangères, qui estime que "les réformes ne peuvent pas tomber du ciel", "elles doivent être le fruit d'une concertation approfondie".

Pour lui, il y a eu sur ce projet "peut-être trop de précipitation". "Il est temps de tirer sagement de l'erreur commise toutes les conséquences", ajoute-t-il. "L'exercice solitaire du pouvoir, ça n'est pas dans le style d'aujourd'hui. Le passage en force, ça ne marche pas". "Le CPE, c'est un échec qui peut, si le gouvernement s'obstinait, nous coûter l'élection présidentielle", affirme encore l'ancien ministre. "Beaucoup de parlementaires" pensent comme lui "mais n'osent pas le dire", déclare-t-il. Car la ligne de l'UMP, ce n'est pas "un réformisme ultra-libéral", mais "un libéralisme à conscience sociale", affirme Hervé de Charette.

le 08 mars 2006 à 19:24
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9 Commentaires

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  • Gerald, le 09/03/2006 à 11h42

    Premier constat: ce n'est pas un contrat quel qu'il soit, ultra précaire ou ultra sécurisé qui fera reculer le chômage, des jeunes en particulier. Deuxième constat: seule la croissance, c'est à dire la création de plus de richesses permet de résorber le chômage Troisième constat: on ne peut créer plus de richesses qu'en travaillant plus ou en augmentant la productivité. Conclusion: comme la productivité est déjà excellente en France, seul le fait de travailler plus dans le secteur qui créer des richesses peut résorber le chômage. La solution et la SEULE réside donc dans plus d'heures travaillées dans une vie et moins de parasites (au sens strict du terme). Tant que les politiques de tous bords n'oseront pas dire cela aux français, on aura toujours le chômage des jeunes comme variable d'ajustement et tous les discours des politiques et des syndicalistes de tous poils n'y changeront rien.

  • Riquelme, le 09/03/2006 à 10h14

    Je ne suis pas de droite, mais ce Mr de L'UMP a tout a fait raison, il faut suspendre ce contrat et le renégocier avec les syndicats et les étudiants. Depuis quelques années les hommes politiques ne tiennent plus compte de nos avis, ils font donc ce qu'il veulent, ou est la démocratie?

  • HOUSSEAU, le 09/03/2006 à 03h24

    L'UR-CFTC des Pays de la Loire qui est intervenue à plusieurs reprises auprès des députés de la région pour expliquer les raisons de son opposqition au CPE enregistre avec beaucoup de satisfaction la position prise par Hervé de Charette. Enfin un député UMP se lève et dit " il faut suspendre le CPE"et explique pourquoi. C'est la seule solution possible pour éviter l'affrontement social. Pourvu qu'il soit entendu. Déja il y a quelques jours Roselyne Bachelot nous avait dit "être assez d'accord avec notre argumentation" mais elle ne l'avait pas rendu public, ça va venir sans doute maintenant.

  • Vastre, le 09/03/2006 à 02h00

    Si le gouvernement se soumet aux décisions de la rue, je ne vois plus grand intérêt à voter. La manifestation ne peut prendre le dessus sur la démocratie des urnes !

  • David972, le 08/03/2006 à 22h04

    Retirer ce projet serait un fiasco... pour Sarkozy! En effet, le CPE n'est qu'un contrat précaire qui ne fait qu'ajouter un contrat à un autre contrat sans rien changer du tout à la donne du chômage des jeunes. Les employeusr n'embaucheront pas avec ce type de contrat et le chômage restera toujours pareil. Ce n'est pas pour rien que tous les membres du gouvernement Villepin, qui savent reconnaître un mécontentement populaire pour avoir déjà été élu au moins une fois, ont vivement conseillé à Villepin de ne pas se lancer. Mais Villepin ne connaît rien au peuple car il n'a jamais osé se présenter et il s'est lancé, pour le plus grand bonheure de Sarkozy. En effet, un sondage a prétendu que Sarkozy a perdu 8 points avec Villepin qui en perdait 7. Mais Sarkozy restait largement devant Villepin malgré cela. De plus, la prétendue chute de Sarkozy n'est que toute relative avec 56% de satisfactions, loin devant Villepin qui a plus de 52% de mécontentement. Sarko accroît donc encore son avance sur Villepin qui es ttout simplement en passe de perdre toute chance de se présenter à l'élection de 2007. Donc gardons le CPE!

  • Opajack, le 08/03/2006 à 20h47

    Monsieur de Charette , Si Mr de Villepin retire son projet, il aura donné satisfaction à la CGT et aux étudiants ultra; c'est la victoire de la rue sur le parlement et l'impossibilité reconnue de faire des réformes désagréables mais necessaires. Et si la droite retire son projet elle perdra les élections à venir car ses supporters n'auront plus confiance en elle.

  • Patrick, le 08/03/2006 à 20h35

    Il en fallait un et en plus un proche de sarko. Jspère que cela ne trompe personne...leCPE ne vient pas de Sarko donc il faut que j'embëte De Villepin. Si seulement la politique spectacle (de droite et de gauche) voulait bien s'arréter. Tiens une idée faisons une gréve pour obtenir cela

  • Dan, le 08/03/2006 à 20h27

    "un libéralisme à conscience sociale...", que cela, joliment, est dit...."l'exercice solitaire du pouvoir, ça n'est pas dans le syle d'aujourd'hui...", c'est vrai et il n'y a pas que le premier ministre qui ne l'a pas compris...

  • Andrée, le 08/03/2006 à 19h59

    Retirer ce projet serait une erreur et qui en tirerait le bénéfice, certainement pas les jeunes,c'est donner raison aux meneurs des syndicats et aux étudiants qui ne veulent pas travailler et qui empêchent les autres de travaille en facs. Il faut laisser l'entrée libre et on verra qui entrent en cours.

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