© INTERNELa peine maximale de dix ans d'emprisonnement a été requise lundi, devant le tribunal correctionnel de Paris, contre l'islamiste algérien Rachid Ramda, présenté comme le "pivot" de la préparation des attentats de 1995 en France. La 16e chambre correctionnelle rendra son jugement le 29 mars à 13H30 concernant celui qui a eu "un rôle pivot" et "emporte une part essentielle des attentats" qui ont fait huit morts et 200 blessés, en 1995 en France, selon le procureur Jean-Michel Bourlès. Le représentant du parquet a demandé en outre une interdiction définitive du territoire français pour Ramda, né en Algérie il y a 36 ans, extradé de Grande-Bretagne le 1er décembre 2005, après y avoir passé dix ans sous écrou extraditionnel.
Le procès, prévu pour durer jusqu'au 22 mars, s'est achevé lundi sans plaidoirie de la défense. Dès le premier jour d'audience, Rachid Ramda avait dénoncé "un procès scandaleux" et demandé à ses avocats de ne pas le défendre. Il a refusé d'être extrait de prison jusqu'à ce que le président du tribunal Jean-Claude Kross le fasse venir pour écouter le réquisitoire. Echangeant quelques mots en début d'audience avec son interprète, Rachid Ramda est resté lundi la plupart du temps tête baissée pendant la plaidoirie de la partie civile et le réquisitoire.
"Financier des poseurs de bombe mercenaires"
Pour le procureur Bourlès, Rachid Ramda était "en lien avec l'ensemble des protagonistes des attentats de 1995". "Il est en lien mais il décide également", comme l'attestent des contacts téléphoniques avec certains membres du réseau actif en France, comme Boualem Bensaïd, condamné fin 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats. Depuis Londres où il résidait, Ramda a été "celui qui fournit l'argent", a continué le procureur, comme le montre un bordereau de transfert de fonds destinés à Bensaïd et portant les empreintes de Rachid Ramda. Le prévenu a également été présenté comme "le responsable de la propagande" du Groupe islamique armé, le GIA algérien qui avait revendiqué les attentats, à travers le journal El-Ansar "par qui des messages de haine seront diffusés" contre la France.
Avocat de SOS Attentats, partie civile, Me Georges Holleaux a insisté sur "le rôle éminent joué à distance par Rachid Ramda" en tant que "financier des poseurs de bombe mercenaires". La déléguée générale de l'association, Françoise Rudetzki, a estimé que Ramda "voulait un procès équitable" mais, en décidant de ne pas participer au procès, "il s'est soustrait à cette chance qui lui était offerte".
Invité à prendre la parole en dernier, Rachid Ramda a répété ce qu'il avait dit le premier jour. Il a dit avoir "désapprouvé les attentats" et exprimé "sa sympathie aux victimes" tout en se plaignant de ne pas avoir eu une justice "équitable". "Tout a été violé en ce qui me concerne", a-t-il déclaré en dénonçant sa "détention arbitraire" depuis novembre 1995, au Royaume-Uni puis en France, soit "plus que le maximum" demandé par le parquet. Il a souhaité que "les Algériens, les musulmans en général" puissent avoir en France "un procès équitable". Rachid Ramda fait également l'objet d'une procédure criminelle. Il doit être jugé prochainement aux assises pour complicité dans les attentats de 1995. Il encourra alors la réclusion criminelle à perpétuité.
Photo d'ouverture : Rachid Ramda - archives
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