
La mobilisation anti-CPE se poursuit et s'amplifie. Réunis lundi soir au siège de la CFTC pour décider de la suite à donner au mouvement après les manifestations massives de la semaine écoulée, les syndicats de salariés et les principales organisations d'étudiants et de lycéens ont trouvé un compromis. Ils ont décidé de lancer ensemble un appel au service public et aux salariés du privé, pour faire grève le 28 mars. La CGT-cheminots a annoncé peu après le dépôt d'un préavis national pour la période du lundi 27 mars 20 H au mercredi 29 mars 8 H. Côté étudiant, une cinquantaine d'Universités sur 84 étaient toujours touchées lundi par des blocages, barrages filtrants ou fermetures. Dans les lycées, le climat ne semblait pas aller vers l'apaisement. Quant au gouvernement, il réaffirme encore et toujours sa volonté d'une "main tendue" tout en refusant les "ultimatums", et Dominique de Villepin multiplie les consultations sur le CPE.
Il a ainsi reçu lundi à Matignon une vingtaine de chefs d'entreprise - avant de discuter avec seize jeunes dans l'après-midi. Les participants à la première réunion se sont déclarés "pour la plupart favorables" sur la nécessité de "justifier le motif de licenciement" pour un CPE et pour "réduire à un an la période d'essai" (lire : "Les patrons d'accord pour modifier le CPE"). La deuxième réunion avec des étudiants et des jeunes chômeurs a duré pendant un peu moins de deux heures, à partir de 15 heures, et Dominique de Villepin, poursuivant son marathon de rencontres, s'est invité au ministère de l'Education nationale pour rencontrer les représentants des organisations étudiantes. Trois organisations avaient répondu à l'invitation lancée par Gilles de Robien : l'Uni (droite universitaire favorable au CPE), la FAGE (hostile au dispositif mais aussi aux blocages d'universités), et l'organisation "Promotion et défense des étudiants". L'invitation avait en revanche été déclinée par l'Unef ("On demande le retrait du CPE avant de discuter") et par la Confédération étudiante (proche de la CFDT). Voilà pour la volonté de concession.
"Je fais confiance à l'esprit de responsabilité des partenaires sociaux "
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Cette double attitude affichée par le Premier ministre, de fermeté mais de dialogue, a reçu à l'orée de cette nouvelle semaine le soutien appuyé de Jacques Chirac, qui s'est exprimé lors d'une conférence de presse à l'Elysée. "C'est capital d'agir pour l'emploi des jeunes et le contrat première embauche marque cette volonté déterminée du gouvernement et du Parlement", a déclaré le chef de l'Etat. "L'enjeu des jours qui viennent, c'est d'ouvrir dans cet esprit un dialogue constructif et confiant qui peut permettre d'améliorer le contrat première embauche. Je sais que c'est la volonté du Premier ministre et du gouvernement et je ne peux que l'approuver. Je fais confiance à l'esprit de responsabilité des partenaires sociaux et des représentants des jeunes pour s'engager dans cette voie, qui est celle de l'efficacité et de la sagesse".
Cette ligne transparaît encore dans les appels du gouvernement aux opposants au CPE. Après Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Louis Debré et Christian Poncelet ce dimanche, Renaud Dutreil a poursuivi lundi dans la dénonciation de l'ultimatum syndical, précisément à l'issue de la rencontre entre Dominique de Villepin et les chefs d'entreprise . "Moi je suis un républicain, je considère que la République, ce n'est pas les ultimatums et ce n'est pas l'appel à la grève générale. Il est temps de revenir au bon sens et regarder les choses posément", a déclaré le ministre des PME. Réaffirmant que la loi sur le CPE "s'appliquera", il a indiqué que "le Premier ministre est ouvert à tout ce qui peut améliorer" ce contrat. Dans une interview aux Echos, le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, estime également qu'il "ne saurait être question de ne pas appliquer le CPE" car "la loi a été votée".
| Sarkozy : la décision d'un éventuel retrait n'appartient qu'au Premier ministre |
Nicolas Sarkozy, interrogé à Ajaccio sur un éventuel retrait du CPE : "Ce n'est pas une décision qui m'appartient, c'est celle du Premier ministre (...), je m'en suis longuement entretenu avec lui hier (dimanche) soir, je lui ai donné mon point de vue, mais permettez que je garde le contenu de notre conversation pour lui et pour moi". |
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin et les jeunes lors de la réunion à Matignon - LCI
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