Les aveux de faiblesse de la mère de Dylan

le 22 mars 2006 à 22h23 , mis à jour le 22 mars 2006 à 22h29

"Je n'ai pas eu la force", "je ne comprends pas" : ainsi s'est exprimée mercredi la mère de Dylan, face aux demandes d'explication sur son attitude pendant le martyre de son fils. Quant au beau-père de l'enfant mort sous la torture, il nie toujours toute responsabilité.

TF1/LCI : procès de Dylan : la salle d'audience et les débats de mercredi

La mère de Dylan, Adeline Marfe, a raconté mercredi devant les assises du Bas-Rhin n'avoir "pas eu le courage et la force" de mettre un terme au calvaire de son fils, que son compagnon Christophe Beugnot est accusé d'avoir martyrisé à mort en 2003. "Je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu être amoureuse de quelqu'un comme ça", a confessé entre deux sanglots Adeline Marfe, 25 ans, qui encourt jusqu'à 30 ans de réclusion pour privation d'aliments ou de soins ayant entraîné la mort de son fils.

"Pourquoi": le mot est revenu sans cesse dans les questions du président Jérôme Bensussan. Elle avait trouvé par le passé la force de mettre un terme à ses relations précédentes : pourquoi a-t-elle autorisé Christophe Beugnot à s'installer chez elle et ses deux enfants, Dylan, 4 ans, et Tino, 6 ans, fin juin 2003, alors qu'il venait de lui éclater la lèvre en la giflant ? "Parce que j'étais amoureuse", répond-elle, et parce qu'il s'était excusé aussitôt en la "baratinant". A l'amour a succédé "la peur, et la honte", quand Beugnot a commencé à se montrer menaçant et de plus en plus violent envers elle, et de plus en plus sévère envers les enfants, infligeant par exemple à Tino de rester accroupi, un stylo pointé vers l'anus, pour qu'il accepte de l'appeler "papa".

"Il avait des bleus, je ne pouvais pas le mettre à l'école"

En trois mois à peine, la vie avec le nouveau "papa" deviendra "un enfer". S'il "était contrarié, il était violent envers les enfants et envers moi. Il fallait toujours être d'accord". Selon elle, il ne supportait pas non plus que l'on fasse du bruit avec la fourchette dans l'assiette, faute de quoi il n'hésitait pas à jeter l'assiette au mur. Elle acceptera que Beugnot emmène Dylan chez sa mère à Vesoul à deux reprises, alors qu'elle avait déjà "des doutes" et que l'enfant présentait de premiers signes de violences, même s'il affirmait "comme papa l'a dit" être tombé sur le pied d'un lit ou avoir été couvert de bleus par un cousin. Puis viendra le jour où son "papa" fera à Dylan "la tête comme une citrouille". Et celui où l'enfant passera une nuit entière nu, attaché sur une chaise devant la fenêtre, avant d'être corrigé au matin pour s'être assoupi.

Dylan sera retiré de la maternelle dès la mi-septembre. "Il avait des bleus, je ne pouvais pas le mettre à l'école", explique la mère. "Quels soins ?", demande le président. "Aucun", murmure Mme Marfe dans un sanglot. Au cabinet dentaire où elle effectuait un stage d'assistante, et face à ses parents chez lesquels elle s'est même rendue seule avec ses deux enfants fin août contre l'avis de Christophe Beugnot, Adeline Marfe ne dénoncera rien. Elle se dit comme paralysée. "Je ne pouvais pas parler de choses comme ça", dit-elle. Tout au plus a-t-elle demandé à son employeur si elle avait eu le droit de refuser l'accès à son appartement, le 30 septembre, à une assistante sociale, ou parlé un jour à une cousine du supplice du stylo. Sans être plus explicite. "Je sais que j'aurais pu le dire à n'importe quel moment mais je ne pouvais pas", reconnaît-elle. "J'étais perdue".

Christophe Beugnot, que l'enquête a identifié comme l'auteur des coups mortels sur Dylan, a continué de nier les "actes de torture et de barbarie" ayant entraîné la mort de l'enfant pour lesquels il encourt la réclusion à perpétuité. Il a préféré accuser Adeline Marfe d'avoir frappé Dylan, auquel lui-même ne reconnaît avoir infligé qu'un jour "une petite claque sur la main". Quant à Adeline, chez laquelle il prétend n'avoir jamais remarqué d'hématomes, tout au plus admet-il lui avoir donné "une fois, une claque".

Photo d'ouverture : procès de Dylan : la salle d'audience et les débats de mercredi - DR

le 22 mars 2006 à 22:23
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6 Commentaires

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  • OSMONT, le 23/03/2006 à 13h14

    Je ne peux contenir mes larmes pour cet enfant que je considère comme le mien (j'ai deux enfants et l'un d'eux est né en 2003). J'ai entendu cette affaire dès que les médias ont annoncé l'horreur à cette époque. J'étais déjà profondément atteinte. Je me dis que Dylan, qui a été emmuré et torturé et complètement impuissant devait être sorti de là, ainsi que son jeune frère. Comment cette mère a pu laisser faire cela ? Comment ce petit être, si beau, si innocent a pu subir ça ? Et personne n'a rien vu ni entendu ? Je voudrais être super-woman, et être capable de détecter les foyers où les enfants sont en danger, et pouvoir rapidement les sortir de l'enfer ! J'essaye d'imaginer le quotidien de Dylan et de son frère, la peur, les privations, les tortures, la douleur et rien d'autre, même pas un geste de leur mère ! "J'aimerais faire marche arrière, et te sauver Dylan, te montrer que dehors, la vie c'est pas ça du tout, que d'autres mamans t'ouvrent leurs bras, que tes petits copains t'attendent pour jouer à la récréation, et que nous t'embrassons, te protégeons et t'aimons comme tout petit enfant doit être aimé ! Je pense à toi Dylan, j'ai ton visage en tête, et j'espère qu'enfin là-haut tu es heureux et protège ton grand frère !" Ce bourreau n'aurait jamais dû voir le jour, cette espèce là c'est le diable,je souhaite que sa vie s'arrête en prison et vite ! "Et ta mère, Dylan, je n'ai pas non plus de mots pour la qualifier !!! Je t'aime mon petit poussin et suis à côté de toi !!!"

  • Un papa, le 23/03/2006 à 12h52

    Prendre un enfant par la main Pour l'amener vers demain Pour lui donner la confiance en son pas Prendre un enfant pour un roi Prendre un enfant dans ses bras Et pour la première fois Sécher ses larmes en étouffant de joie Prendre un enfant dans ses bras

  • Launjardin, le 23/03/2006 à 12h50

    J'ai des enfants, je suis effrayé a l'idée que des gens puissent être aussi, méchants, dingues, violents et cruels, ca me fais peur! Mais ce qui me rend folle de rage, c'est que personne n'ait agit pour sauver ce petit garcon et son grand frêre!! Le monde serait'il devenu fou? Launjardin.

  • Valérie, le 23/03/2006 à 11h02

    L'horreur ce matin en lisant ces atrocités je suis gd mère d'une pte fille de 2 ans qui a été plus ou moins maltraitée par une nourrice et croyez moi des signes de comportement de mal être sur un enfant on les voit et j'ai du mal à croire que personne de l'entourage de cet enfant n'est pu avoir des doutes et comment une mère peut rester pasive devant le martyre de son enfant infligé par un monstre ça me fait bondir et je la juge aussi coupable que lui !

  • Jamall, le 23/03/2006 à 10h43

    C'est une honte pour l'humanité entière. Torturer un enfant est l'acte le plus barbare qui soit. J'espère que les 2 personnes incriminées resteront enfermées pour le restant de leurs jours.

  • Cath, le 23/03/2006 à 09h59

    Je suis atterrée ! Comment imaginer le calvaire de ce petit garçon de 4 ans, qui apparemment vivait une vie normale, et pour qui la vie a basculé du jour au lendemain par la faute d'un monstre et d'une femme qui n'a pas su le protéger. Et son frère qui lui doit survivre après tout ça, sans son frère et sans sa mère ! J'imagine mon petit garçon subir ces choses, et j'ai envie de vomir. Là où il est maintenant, au moins il ne souffre plus. Dylan est un ange.

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