Avis de tempête sur la PJ marseillaise

le 22 mars 2006 à 09h47 , mis à jour le 22 mars 2006 à 09h57

Dix-neuf personnes sont en garde à vue dans l'enquête sur la société des armateurs côtiers marseillais qui dessert l'île du Frioul. Parmi elles, le commissaire principal de la police judiciaire de la ville, soupçonné d'entrave à la bonne marche de la justice.

Calanque marseille archive accident © LCI

L'opération de police visant la société des armateurs côtiers marseillais (SACM), qui dessert le chateau d'If et les îles du Frioul, a abouti à l'interpellation de dix-neuf personnes, dont le commissaire principal de la police judiciaire de Marseille, dont l'identité n'a pas été révélée. Il a été placé en garde à vue mardi à l'inspection générale de la police nationale (IGPN) de Marseille. Il lui est notamment reproché d'avoir entravé la bonne marche de la justice et des violations du secret professionnel. Ce dernier nie toute implication mais les charges le concernant seraient importantes, de source policière et judiciaire.

Les huit navettes de la SACM, "y compris les bateaux en panne", ont de leur côté été saisies et remorquées jusqu'au port de l'Estaque, dans le nord de Marseille, a-t-on indiqué au siège de l'armateur qui assure depuis le Vieux port, la desserte des îles du Frioul et du château d'If, dans la rade de Marseille.

La police est intervenue alors qu'une filiale de Veolia, "Frioul If Express", a obtenu vendredi le marché des îles du Frioul pour une durée provisoire - jusqu'à l'attribution de la délégation de service public, en mai.  Son premier bateau le Guillaume-Seznec est arrivé dans le Vieux port quelques heures avant l'opération de police.

La SACM était depuis 1947 l'opérateur des îles du Frioul. Aucun contrat ne liait plus la société à la ville depuis 1998 "mais la mairie ne nous empêchait pas travailler", a-t-on indiqué au siège de la société. Les différents "incidents" et attentats survenus tout au long de l'histoire des navettes du Frioul ont conduit les policiers de la PJ à mener une longue enquête sur la société d'exploitation. Ces derniers ont acquis très tôt la conviction que l'entreprise utilisait un vaste réseau de blanchiment passant par des sociétés Off Shore à l'étranger. La piste de plusieurs millions d'euros est évoquée. Plusieurs membres d'une même famille font partie des personnes gardées à vue. Pour des délits financiers en bande organisée, la garde à vue peut aller jusqu'à quatre jours.

Ce dossier "à plusieurs tiroirs" selon une source judiciaire s'élargit à plusieurs départements du sud de la France, notamment le Var et les Alpes-Maritimes.

le 22 mars 2006 à 09:47
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