Blocages maintenus... malgré les consignes de Robien

le 29 mars 2006 à 17h25 , mis à jour le 30 mars 2006 à 21h38

La "consigne orale" pour une réouverture des lycées bloqués, donnée mercredi par Gilles de Robien, ne semble guère suivie d'effet. Plus de 500 lycées restaient bloqués ce jeudi en France.

TF1/LCI : CRS face aux lycéens manifestant contre le CPE à l'entrée d'un lycéeCRS face aux lycéens manifestant contre le CPE à l'entrée d'un lycée

Selon les chiffres du ministère de l'Education, 58 universités étaient perturbées ce jeudi par les actions anti-CPE. C'était aussi le cas pour 556 lycées - leur nombre oscille entre 400 et 1.400 sur 4.330 selon les jours. Alors que le ministre de l'Education nationale a donné mercredi la "consigne orale" aux recteurs d'organiser la réouverture générale de tous les lycées perturbés, l'heure semble à la poursuite, voire l'amplification des blocages.

Dans la seule capitale, une quarantaine de lycées, 36 sur 110, étaient ainsi perturbés jeudi. La police est intervenue devant un seul établissement, sans incident, selon le rectorat. Le proviseur du lycée Fénelon (Ve arrondissement) est le seul à avoir eu recours aux forces de l'ordre qui ont dispersé sans difficulté ni incident les élèves qui tentaient de bloquer l'établissement. Pas plus ailleurs en France qu'à Paris, les interventions policières à la demande des proviseurs pour rompre un blocage de lycée n'ont été la règle. En-dehors de la capitale, seuls les proviseurs de deux lycées de Pau et Lescar (Pyrénées-Atlantique) et d'un lycée d'Amiens mercredi soir ont eu recours à la police, chaque fois sans incident.

"Les déclarations du ministre n'ont rien arrangé"

Il semble en revanche que ponctuellement les proviseurs ont suivi la consigne ministérielle en tentant d'engager des négociations avec les lycéens. Ils ont rencontré quelque succès à Paris (une quinzaine d'établissements), mais à Toulouse par exemple, le proviseur du lycée Bellevue a préféré ouvrir une grille dérobée sur l'arrière pour faire entrer enseignants et lycéens. Le proviseur d'un lycée de Marseille qui fonctionne en pointillé depuis plusieurs semaines a d'ailleurs jugé que "les déclarations du ministre n'ont rien arrangé, bien au contraire", tandis que celle du lycée Jean-Jaurès de Montreuil (Seine-Saint-Denis) s'est contentée d'expliquer qu'elle "n'obéissait qu'à des consignes écrites". Au lycée Jules-Siegfried, à Paris, le proviseur a préféré forcer lui-même la porte en coupant une chaîne à la scie électrique plutôt que d'appeler la police.

La bataille du cpe
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Plus que ces réouvertures ponctuelles, la journée a donc été marquée par la multiplication des actions de lycéens et étudiants. A Limoges, une soixantaine d'étudiants ont ainsi envahi jeudi matin le rectorat de Limoges. En Meurthe-et-Moselle, des élèves du lycée Majorelle de Toul ont bloqué l'accès de leur établissement devant lequel ils campent nuit et jour depuis lundi pour protester contre le CPE.

Le ministre de l'Education nationale n'en est pas moins resté sur la même ligne jeudi en demandant aux présidents d'universités "les mesures qu'ils comptent prendre pour assurer les cours", estimant que "chacun doit assumer ses responsabilités", lors d'une séance au Sénat. Le porte-parole du PS Julien Dray a averti solennellement le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien que si "des événements graves surviennent", il "en porterait devant le pays toute la responsabilité".

Photo d'ouverture : lycéens et CRS face-à-face devant un lycée, jeudi - DR

le 29 mars 2006 à 17:25
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